« L’Hebdo, c’est une bonne rédaction. » Ces mots ne sont pas de votre humble serviteur et blogueur, mais d’un journaliste du Courrier International qui a eu vent de mon stage. C’est vrai que le parrain est prévenant avec moi : « Eh ! ho ! Faut appeler au secours quand ça ne va pas. » Dixit une jeune et jolie journaliste de la rédaction qui a lu sur le Bondy Blog mes aventures d’Indiana Jones pour trouver un lit. A propos, j’ai quitté l’auberge de jeunesse : les ados qui crient tard dans la nuit en allemand, seule langue qui égale l’arabe et le kabyle pour exprimer la colère, c’est insupportable sans mon ami Camara. Le footballeur arrivait à calmer les braillards par des menaces du genre : « Soit vous dormez, soit je ne vous passe plus Ribery au téléphone. » Efficacité garantie. Mon Guinéen est parti pour un luxueux trois pièces « où une chambre t’attend, fils de Tazmalt », me dit-il lors de nos adieux. Désormais, je loge chez une vieille dame originaire de Suisse alémanique. Elle me loue un 9 mètres carrés plutôt sympa. Elle a appris le français dans un couvent à Paris, juste avant la guerre, celle où le voisin se négociait contre une livre de beurre.

Revenons au stage. Blogueur, jeune de Bondy, inexpérimenté… Ils n’ont pas d’a priori ni d’états d’âme, mes patrons suisses : tu as signé, tu bosses. Dix minutes à peine après avoir été présenté à la rédaction, on me chargea d’interviewer Leila Shahid, déléguée de la Palestine auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Avec un dead line trois heures plus tard. Certes, il m’arrive de vivre des moments d’inactivité, mais je n’ai à m’en prendre qu’à moi-même, si je ne suis pas encore fichu de proposer des sujets intéressants. A L’Hebdo, je fus confronté pour la première fois à ce traumatisme culturel que ressentent la plupart des Français : parler anglais. Cela s’est produit lorsque je dus interviewer un professeur de l’Université de Zurich. Pendant les moments de panique qui ont précédé l’entretien, j’ai revu les visages de mes profs qui tentaient de me faire admettre combien il était important de pouvoir s’exprimer dans le perfide Albion. Ben non ! Je préférais danser sur les tables ! (Nous sommes quitte, Madame Jablonski, levez la malédiction ! Mon t-shirt collant de sueurs froides vous a vengée.)

Dieu merci, mon anglais de jeu vidéo et les bases acquises avec Katty, ma petite denrée du Kentucky qui m’a jeté comme une merde l’année dernière, m’ont permis de comprendre mon interlocuteur. Enfin, quand je dis « comprendre », c’est comme pour une cassette de Matoub Lounes, c’est seulement au bout de la vingtième écoute qu’on finit par piger qu’il en a gros contre le pouvoir algérien. Deux jours plus tard, l’entretien, traduit par mes soins, paraissait dans les colonnes du journal avec l’aval de l’interviewé. Yes ! Leçon retenue : tous les soirs, une heure d’English Training sur la DS de Nintendo. Et maintenant, j’ai plein de sujets en route. Cette fois, je suis dans le bain. Clark Kent !

Petit bémol quand même : il était vraiment XXL, le buffet de la garden party de Rachida Dati ? Je suis deg…

Idir Hocini

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