Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don



« L’usage d’appareil électronique est strictement interdit dans l’enceinte de l’établissement », c’est écrit sur des affiches, c’est collé partout, mais pourtant la règle n’est pas vraiment respectée. Tout le monde, ou presque, a son portable sur soi. Allumé, qui plus est. « Ça sert à quoi d’avoir un portable si on ne peut pas le ramener au collège ? C’est là qu’on passe la plus grande partie de notre temps ! » affirme Marie-Laure, une fille de ma classe au collège. Pendant les cours de sport, le prof accepte même de nous garder notre téléphone pour éviter la casse. Quand on court, certains ont leurs écouteurs sur les oreilles, le prof ferme les yeux et ça ne gêne apparemment personne.

Les plus forts sont ceux qui arrivent à utiliser leur téléphone en cours, en toute discrétion s’il vous plaît ! Vous vous demandez sûrement comment ils font. Eh bien voici toutes les astuces pour communiquer avec les amis de l’extérieur.

Celle qui bat tout les records, c’est Julie, qui a carrément réussi à parler avec une amie au téléphone à l’aide de son kit main libre : le portable était caché dans la poche de son jean, elle a fait passer le fil sous son pull, les écouteurs étaient cachés par ses long cheveux et elle s’est mise au fond de la classe pour ne pas se faire entendre. Elle avait choisi un jour où la classe était un peu agitée, donc ni vu, ni connu.

En deuxième position vient Alexandra, qui « textote » en cours d’histoire. Elle est très forte parce que sa place est à 50 cm du bureau de la prof. Sa technique : le croisement de jambe. Elle pose son portable sur une jambe et le cache en rabattant l’autre, je vous conseille d’essayer pour comprendre.

Puis il y a ceux qui font comme ils peuvent : ils dissimulent le téléphone dans la trousse, dans le sac placé sur les genoux… Mais ces techniques ne sont pas les plus efficaces parce que pour écrire un texto : je vois bien comment mes camarades galèrent pour écrire une lettre toutes les minutes.

Deux personnes de ma classe, elles, respectent la règle parfaitement : elles n’ont jamais ramené leur téléphone au collège de peur de se le faire voler, car elles ont le privilège d’avoir l’iPhone pour l’une et le dernier Blackberry pour l’autre. Je ne sais si je fais profil bas ou si je suis trouillarde, mais pour ma part je n’utilise jamais mon téléphone en cours de peur de me faire surprendre.

Quand un élève se fait attraper, il y a différentes sortes de sanctions : le prof peut décider le lui confisquer son téléphone et, dans le meilleur des cas, de le lui rendre à la fin du cours. L’enseignant se montrera compréhensif si le téléphone n’a fait que sonner parce l’élève avait oublié de l’éteindre. Mais il peut être sévère et le remettre alors au principal. Dans ce cas, l’élève ne peut le récupérer que si ses parents se déplacent.

Me séparant difficilement de mon téléphone, le savoir dans le tiroir du principal me rendrait folle. Soyons honnêtee, je ne dis pas que pendant la récré je ne m’en sers pas ou encore qu’il ne m’arrive pas de regarder l’heure en cours. La règle interdisant le téléphone portable à l’école est faite pour minimiser son utilisation abusive, parce que sinon, les accros des appareils électroniques ne travailleraient plus du tout.

Sarah Ichou

Lire aussi : Bavardages-insolence-musique-à-fond : la-loi-des-élèves

Sarah Ichou –

Articles liés

  • Après Trappes, le procès du racisme médiatique

    Depuis l'attentat raciste de Trappes, la colère contre les médias ne retombe pas. Accusées d'avoir promu les discours de haine, les chaînes d'information en continu cristallisent les critiques. Une étude sur la couverture télévisuelle de l'attaque révèle aussi la place dérisoire accordée aux victimes, comparée à celle réservée aux dégâts matériels des manifestations.

    Par Ramdan Bezine
    Le 03/11/2026
  • Rue d’Aubagne : huit ans après, le logement indigne tue encore à Marseille

    À la veille de l'ouverture du procès en appel des effondrements de la rue d'Aubagne, qui avaient fait huit morts en 2018, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Marseille pour réclamer un logement digne. Huit ans après le drame, les habitants dénoncent une situation qui perdure et entendent inscrire leur combat dans le mouvement contre la vie chère.

    Par Samy Hage
    Le 02/11/2026
  • Les antifascistes font barrage au week-end de la « remigration »

    À la veille de l'acte III des mobilisations sociales, les antifascistes s'organisent pour faire barrage à trois événements d'extrême droite annoncés en région parisienne. Deux ont été interdits jeudi 29 octobre, quelques jours après l'attentat raciste de Trappes. Une première victoire pour les militants, qui n'entendent pas baisser la garde.

    Par Valentin Wender
    Le 30/10/2026