Idriss, Tarek et Abdel ont été bien reçus au Grand Pressigny. Ils se sont sentis acceptés et ils ont vu que leur présence était souhaitée par François Nicolas Joannes, le maire, notamment, qui les a mis à l’aise en commençant par les intégrer au festival de théâtre. Tout cela n’a pas été vain, car les garçons ont compris qu’ils pourront dorénavant faire confiance aux autres. Ils ont été respectueux de leurs hôtes ainsi que des habitants du village.

Certes, ils sont allés se baigner à la piscine municipale en dehors des heures ouvrables. Nous aurions pu taire cet incident, mais c’est volontairement que nous vous en avons informé par le biais de l’épisode 6. Nous voulions par là montrer la réalité du séjour. La réalité, c’est aussi que des jeunes comme Abdel, Idriss ou Tarek doivent montrer patte blanche deux fois plus que ceux qui ne portent pas des noms arabes. C’est une pression et une responsabilité trop lourdes pour leurs épaules. Et pourquoi sont-ils tenus d’être irréprochables? Parce qu’ils sont issus de l’immigration maghrébo-africaine.

J’ai l’impression que ces jeunes de cette immigration-là, on les attend au détour de la moindre «connerie» pour crier au scandale. L’épisode de la piscine l’a démontré. L’épisode 5 sur la polémique du halouf a été pour certains prétexte à affirmer que pour s’intégrer dans des régions rurales, par définition très peu cosmopolites, il convient de renier ses origines, sa culture et sa religion. C’est faux: on peut ne pas manger de porc et être un citoyen français prêt à remplir tous ses devoirs envers son pays.

Abdel, Idriss ou Tarek, ont le droit de ne pas être parfaits, c’est leur honneur, même, de ne pas renier ce qu’ils sont. Ils n’ont pas à être pointés du doigt au moindre faux pas. Savez-vous que régulièrement – et là je cafte un peu –, les jeunes habitant le Grand Pressigny se jettent dans la piscine, ivres, en pleine nuit ? Cela ne soulève pas de polémique pour autant.

Il faudra bien prendre conscience que les nouvelles générations ne sont pas celles d’il y a 40 ou 60ans. Nos parents courbaient l’échine et acceptaient le fait que le Français de souche était supérieur en tout. Aujourd’hui, la société française doit traiter ses enfants d’immigré comme si c’était les siens. Ce qu’ils sont.

Le passage de ces jeunes-là, dans leur « tour de France », par l’étape des zones rurales est crucial. Quand on est « basané » et qu’on est à la campagne, on a souvent le sentiment d’être un intrus. Quand ce sentiment aura disparu jusqu’au tréfonds des cambrousses, les immigrés seront des Français à part entière, dans leur cœur et dans l’esprit des autres. Il faudra trouver d’autres boucs émissaires aux maux de la société, et le mieux serait qu’on n’en cherche plus tout. C’est le rejet que ressent encore une partie de ces jeunes « basanés » qui fait que par fierté, beaucoup d’entre eux renient la France, sifflent parfois son hymne, alors qu’ils savent qu’ils l’ont dans le sang, ou qu’ils voudraient être sûrs de l’avoir. Etre français sans avoir l’impression de perdre ou de vendre son âme, c’est le pari d’aujourd’hui.

A la société, aux enseignants, aux parents, de savoir tirer le meilleur de chacun de ces jeunes, de les valoriser, eux et leurs origines, leur familles et leur histoire. D’en faire une richesse et une force pour ce pays qui est le nôtre. Au Grand Pressigny, l’émotion a été forte pour Idriss et Abdel, les deux « grands », mais voilà, à Paris, il faut remettre sa carapace de dur, seule façon de survivre dans un endroit où le sentimentalisme ne fait pas partie des codes.

Les rencontres qui ont eu lieu au Grand Pressigny ont créé des liens fraternels. La vision de ces Titis parisiens sur les « ruraux » ne sera plus ce qu’elle était auparavant, et le regard sur eux de certains habitants de ce village d’Indre-et-Loire ne sera plus non plus le même. L’Etat, espérons-le, pourra alors repenser l’ « aménagement du territoire en désengorgeant les cités et en repeuplant ces zones rurale qui ne demandent qu’à faire vivre ou revivre leurs écoles, leurs maternités, leurs boutiques, toutes activités qui crée du lien humain et des emplois.

Nous vous remercions, chers amis lecteurs, d’avoir suivi notre aventure et d’y avoir contribué en commentant au jour le jour. Remerciement tout spécial Monsieur François-Nicolas Joannes, maire du Grand Pressigny, sans qui tout cela n’aurait pas été possible.

Nadia Méhouri pour « Lassoce2luisa »

« Un chocolat pour Abdel… T’as fait ta valise ? » 


Petit déjeuner
envoyé par Bondy_Blog

Vidéo réalisée par Pierre Murcia

Pour retrouver les épisodes précédents, cliquer ici.

Nadia Méhouri

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