LA MESSE EST DITE. Douzième épisode de la chronique dominicale de Lansala. Quand l’histoire de l’ex-détenu, Rédoine Faïd prend d’assaut les scénarios cinématographiques, notre chroniqueur du dimanche lance le clap.

La vie suit son cours, je laisse mon empreinte le temps d’un set !

Ce n’est pas sans vous rappeler l’histoire du film de Steeven Spielberg …  Arrête-moi si tu peux porté par l’excellent Leonardo Di Caprio avec qui se confond notre ennemi public numéro 1, Redoine Faïd. Il court, il court, le furet du bois de Sequedin. Tout comme le protagoniste du film, il est en cavale se grimant à l’aide d’artifice : de lunettes, perruque, le tout accompagné de sa barbe naissante. La réalité est plus fastidieuse et fait passer ce fait divers détonant en production bollywoodienne de seconde zone. Certes il y a quelques similitudes, mais ce n’est pas le golden boy américain, et les costumes taillés sur mesure ont été remplacé par des saris (tenue traditionnelle indienne) aux couleurs flamboyantes. Chaque héros ou anti-héros possède sa voiture emblématique, il y a l’Aston Martin du plus anglais des espions, la Delorean de Marty McFly et la Peugeot 407 de celui qu’on surnomme : « le cerveau ». Cherchez l’erreur.

Le cinéma est-il en crise ? Une chose est sûre, pour Rédoine Faïd c’était la dèche. Six semaines après son évasion, la police met fin à sa cavale dans la nuit du 28 au 29 mai dans un hôtel B&B de Pontault-Combault. Cette histoire me fait penser à cette phrase tirée du film The Usuals Suspect : « le coup le plus rusé que le diable aie jamais réussi ça été de faire croire à tout le monde qu’il n’existait pas. » Je me dis que le coup le plus rusé que Rédoine Faïd n’aie jamais réussi était de faire croire qu’il avait passé la frontière, alors qu’il était dans l’hôtel d’en face.

Dois-je vous rappeler le palmarès du meilleur ouvrier de France comme le surnommait le quotidien France Soir ? La liste est longue mais sachez qu’il traîne une longue carrière dans le banditisme. La bobine du film continue de tourner. Je me demande à quel spectacle je suis en train d’assister. On écrit des livres narrant ses exploits, on lui donne des surnoms enjôleurs dans les médias. Comme si ça ne suffisait, pas on fait appel à des spécialistes, des soi-disant experts. Ils arrivent avec un ton cérémonial pour nous dire ce que l’on sait déjà. Le César du meilleur acteur est décerné … C’est un réel business qui s’opère autour de lui, si Redoine Faïd était un film, ce serait un blockbuster. Certaines personnes souffriraient-elles du syndrome de Stockholm ? Confondraient-elles Rédoine Faïd avec Robin des bois ? Cette surenchère autour de lui génère l’image de super-héros sans collant et cape rouge. Demain, les enfants joueront aux braqueurs en 407 dans les cours de récréation.

On parlant de cinéma je voulais amener mes petits frères âgés de 13 et 11 ans voir un film. Je me suis dit, je vais les laisser choisir. Je m’attendais sérieusement à un dessin animé, le temps m’a surement rendu naïf . Je vous laisse imaginer ma surprise quand ils m’ont dit qu’ils voulaient voir Fast and Furious 6, un film de vol de voiture, de courses-poursuites et de courses illégales. Ça aurait pu être le biopic de Redoine Faïd.

C’est une éternelle mascarade qui se trame sans mascara.

Lansala Delcielo

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