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Mon arrivée à Bondy aura été un peu sportive. Antoine Menusier est bien venu me chercher à la gare, comme convenu. Les rues de Bondy sont beaucoup plus calmes que ce que je m’étais imaginé. Il n’y a pas un bruit, si ce n’est ma satanée valise à roulettes, que je tente de manœuvrer entre les nids de poule des trottoirs. Elle fait un boucan du tonnerre lorsque les roulettes se grippent dans les gravillons. Du coup, le preneur de son de la TSR a les oreilles qui bourdonnent (Il n’y a pas de petite vengeance, tout à l’heure, dans le métro et le RER, j’ai dû refaire plusieurs fois la même prise).

Une fois au local du RC Blanqui, en revanche, c’est la cohue. Dans les 20 mètres carrés qui me serviront de chambre et de bureau durant une semaine, nous sommes huit au total: en plus de l’équipe de la TSR (3 personnes), il y a un journaliste d’Associated Press, le photographe qui l’accompagne; plus encore Hakim Azzoug qui fait office de chauffeur pour la TSR, plus Kamel El Houari qui est (presque) toujours avec lui; et dehors, enfin, cinq ou six autres jeunes du quartier. Ceux-ci ne manquent pas d’entrer et de sortir pour voir ce qui se passe dans notre «micro-bureau», dont l’ambiance commence à ressembler à celle d’un micro stade de foot, lors d’un match PSG-OM.

Arrivé à l’improviste quelques instants plus tôt, le type de l’agence AP veut interviewer tout le monde, en anglais, en français, avec le stylo, avec le micro, le photographe veut que nous prenions la pose, le trio de la TSR veut commencer à filmer et moi qui voulais prendre mes marques… Sacrée galère!

Au moment de terminer enfin ce post, alors que je m’apprête à filer à la mairie où l’on donne une réception à 19 heures, un jeune, 13-14 ans peut-être, entre dans le local: « Venez, venez, y’a une voiture qui brûle! »

En fait de voiture, il s’agissait plutôt d’une épave, une carcasse de bagnole, que son propriétaire avait visiblement abandonné. Quelqu’un y a-t-il mis le feu en raison de la présence de la caméra? Ou s’agit-il d’une simple coïncidence? Personne ne sait. Les deux responsables du RC Blanqui Radouane Berrioka et Mohamed Djeroudi, alertés dans l’instant, arrivent quelques minutes plus tard. Hakim, qui revient tout juste de sa prière, est dégoûté: «C’est la honte!». Les pompiers maîtrisent très rapidement le début d’incendie, mais une voiture garée juste à côté a aussi subi de très gros dégâts… Ceux qui ont mis le feu à l’épave n’y avaient apparemment pas pensé.

Je prends une photo avec mon téléphone portable que je ne posterai pas et plutôt que de rester là à regarder la suite, je décide de me mettre en route pour la Réception des voeux du nouvel an du maire comme je l’avais prévu. Je ne regretterai pas une seconde d’avoir fait ce choix, mais le maire de Bondy, Gilbert Roger, n’y aura pas été pour grand chose…

Par Titus Plattner

Titus Plattner –

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