Au Blanc-Mesnil, trois maisons de quartier dénoncent depuis fin novembre le projet de la mairie de faire appel à une nouvelle structure pour gérer ces trois associations.

Depuis le 25 novembre dernier les personnels des différentes maisons de quartier de la ville du Blanc-Mesnil ont établi des blocus pour contester la décision de la municipalité les concernant. En effet le maire, Thierry Meignen (LR) a lancé un appel d’offre concernant la gestion des centres sociaux. Leur autonomie serait donc remise en cause en faveur d’entreprises privées.

Il s’agit bien d’un dossier brûlant que le maire du Blanc-Mesnil a entre les mains : les trois maisons pour tous (MPT) concernées sont en état d’alerte. Le nouveau maire voudrait « décharger les maisons de quartier des tâches administratives et financières » pour permettre aux salariés des MPT «  de se consacrer à leur cœur de métier, qui est le service aux habitants ». Le maire a aussi sous-entendu, à l’aide des comptes des MPT, que les celles-ci ne savaient pas, aujourd’hui, utiliser les subventions attribuées à bon escient en donnant pour raison quelques irrégularités dans les comptes. En effet, les 910 000 euros de subvention annuelle attribués aux MPT sont, en partie, tirés indirectement de l’argent des contribuables blanc mesnilois. Le fait de voir des entreprise privées se charger des comptes des différentes MPT permettrait que les subventions, y compris  celle de la Caisse d’allocations familiales, soient d’abord versées à la mairie alors que, aujourd’hui, elle sont versées directement aux maisons de quartiers.

L’idée de privatiser la branche comptable des MPT ne peut, évidemment, pas être révélée sans voir l’opposition de gauche intervenir et contester cette décision de toute sa force. Elle dénonce le fait que les MPT étaient, auparavant, gérées en collectivité et notamment par les habitants de leur propre quartier. Désormais ces habitants seront beaucoup plus écartés des décisions prises pour les différentes MPT. De plus, Alain Ramos, représentant du Parti Socialiste au Blanc-Mesnil affirme que les MPT vont passer du statut d’association à but non lucratif a celui d’association à but lucratif. «  En effet , cette derrière va facturer sa prestation. ». Or cette prestation ne serait même pas reversée à la MPT mais à la mairie. Enfin, la gauche conteste le fait que le responsable d’une de ces MPT (Jean Jaurès) n’ait pas été reconduit. Il s’agit de Kader Zekri qui n’est donc plus, à ce jour, responsable de la MPT Jean Jaurès.

Mais le plus surprenant dans ce dossier c’est qu’il divise même au sein de la majorité municipale. Haikel Drine, adjoint chargé des nouvelles technologies de l’information et de la communication,  ne suit pas le maire sur ce dossier et soutient les centre sociaux et leur autonomie totale.

Force est de constater que l’idée de privatiser une branche des maisons de quartier, peu importe laquelle d’ailleurs, éloigne les MPT de leur priorité , qui sont les services de proximité.

Mais le maire a declaré qu’il ne « céderait ni aux menaces ni aux intimidations » et son équipe a publié un article dans le dernier journal municipal où il est écrit « face au blocus, le maire ne céderas pas » en grandes lettres. Titi Gnangnan, le caricaturiste honni du maire n’est pas prêt de manquer de matière !

Tamim Gharib

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