Hommes, femmes, enfants, familles, les acheteurs sont au rendez-vous en ce jour de marché, à Aubervilliers. Un père venu en voisin de Pantin, explique sa présence ici : « J’ai des enfants, donc je viens acheter des fruits et des légumes pour eux. En plus, là où j’habite, je suis trop loin des supermarchés. Il y a bien des hard-discounts, mais j’aime venir au marché, c’est moins cher. »

La variété des fruits et légumes proposés sur les étals attire le chaland. Et puis, il y a cette fameuse et chaleureuse convivialité, chose qu’on ne retrouve pas en magasin. Les commerçants y mettent du leur : « Allez, allez, m’sieurs-dames, ne soyez pas timides, approchez, approchez, venez goûter ! », chante Ahmed, qui tient depuis trois ans un stand de fruits et légumes haut en couleur. « Nous aimons l’animation du marché, confie un couple. Pour nous c’est notre sortie du dimanche matin. C’est sympa de voir les commerçants s’époumoner et de se retrouver parmi la foule. »

D’un stand à un autre, les prix varient peu, le kilo de tomates en provenance de Belgique coûte entre 1,20 euros et 1,60 euros, le kilo de raisin blanc 0,99 centimes d’euro ou encore 2,99 euros l’ail au kilo. Les habitués du marché sont incollables sur le coût des produits : « Je viens sur le marché depuis 30 ans, j’ai constaté que les fruits de saison sont un peu plus chers au début des récoltes et mais leurs prix baissent au fur et à mesure », affirme-t-il.

Grand avantage du marché : c’est moins cher qu’en supermarché. Mais comme on dit, c’est pas donné quand même. Les jeunes, qui n’ont généralement pas un rond de côté, vont dépenser 5 euros peut-être lors pour se fournir en fruits et légumes du marché : en gros, des pommes, et encore, au premier prix. Une famille « moyenne » déboursera 20 euros pour avoir la nature dans son panier. Les amoureux des fruits et légumes, parce qu’ils en ont les moyens ou parce qu’ils ont fait des choix budgétaires accordant la préférence aux produits de la nature sur ceux, par exemple, issus des technologies informatiques, pourront dépenser jusqu’à 50 euros, voire davantage.

Une maman de trois enfants témoigne : « Venir sur le marché pour acheter mes légumes, me permet de cuisiner toute la semaine. Les plats du pays que je prépare pour ma famille en nécessitent beaucoup. » Le marché des Quatre Chemins rencontre tout les ans une grande affluence durant les quinze premiers jours du mois de septembre, d’après les commerçants interrogés. « Cette année avec le mois du ramadan nous avons eu plus de mal à évaluer la foule. Il y a eu un peu moins de monde, mais ça bouge quand même », constate le patron du stand La Maison Sauvage, implantée au marché albertivillarien depuis 1936 et quatre générations

Le marché de la Mairie n’est pas en reste. Les commerçants exerçants depuis plusieurs années s’adaptent aux bourses des ménages : « Nous vendons des fruits et des légumes de qualité et nous faisons en sorte de pratiquer des prix raisonnables car nous ressentons que le budget des familles baisse », explique le patron du stand ANOU, visiblement soucieux de satisfaire sa clientèle.

Kathalyn Belair-Soulac

Article également publié sur Agenda21.Plainecommune.fr/

Kathalyn Belair-Soulac

Articles liés

  • Précarité menstruelle : à Grigny, on veut « changer les règles »

    Au cours de l’année 2021, la ville de Grigny, dans l’Essonne, a mis en place des dispositifs de distribution gratuite de protections périodiques. Cette initiative s’accompagne d’une politique teintée d’actions de sensibilisation pour lutter contre le tabou des règles. Cécile Raoul a rencontré les concernées de la précarité menstruelle. Reportage.

    Par Cécile Raoul
    Le 18/01/2022
  • Père Jean-Luc Ferstler : « La misère n’attend pas les business plans »

    Cette année Emmaüs Forbach fête ses 40 ans. Le prêtre et fondateur d’Emmaüs Forbach, Jean-Luc Ferstler, figure emblématique de la ville, a choisi d’accompagner les personnes les plus fragiles depuis les années 1980. Portrait d’une vie qui raconte un territoire paupérisé après la fin du charbon, heureusement riche en solidarités.

    Par Amina Lahmar
    Le 14/01/2022
  • À Saint-Denis, Profs et Parents épuisés mais solidaires face au protocole sanitaire

    Face à des protocoles sanitaires compliqués à suivre pour les profs et les parents, une grande majorité du personnel de l'Éducation Nationale fait grève ce jeudi 13 janvier 2021 pour signifier sa colère au Ministre Jean-Michel Blanquer. À Saint-Denis, à la fracture sociale s'ajoute la gestion de la crise sanitaire pour des profs au bord de l'implosion. Reportage.

    Par Amina Lahmar
    Le 13/01/2022