Les « Guignols de l’info », vendredi 29 avril, était comme d’habitude hilarants. Notamment lorsque la marionnette de PPDA interpelle celle d’Harry Roselmack, qui allait conclure son journal avec un reportage sur l’affaire des « quotas de la FFF ». PPDA : « Harry j’imagine que c’était un sujet qui te tenait à cœur, les quotas ? – (Tout surpris) Pourquoi ? – Bah car c’est comme çà que t’es arrivé à la télé ! – Patrick j’ai été recruté par TF1 pour mes qualités (il semble assez abasourdi) – Et viré sur tes défauts. – Ah non çà c’était de la discrimination ! – C’est quand ça t’arrange, hein. Bon la prochaine fois je choisirai plutôt sur la compétence. Je n’aurai pas tous ces problèmes. »

Cette fois-ci il s’agit d’autres types de guignols, plus sanguinaires, plus assoiffés de liquide rouge qu’un vampire. Ceux d’« Inglorious Basterd ». Un film de Quentin Tarantino que je regardais récemment avec mes ami(e)s, pour la plupart d’origine africaine ou antillaise. Je me souviens surtout de leur réaction dès qu’ils ont vu apparaître à l’écran Marcel (Jean-Jacques Ido), un acteur noir, le fidèle compagnon de Shosanna Dreyfus (Mélanie Laurent). « Putain il est fou quoi celui-là ici ? Il s’est perdu ou quoi ? », « Il s’est trompé de casting ! C’est pas ici les films sur l’esclavage ! » S’ensuivent rires et vannes.

Oui, le film se passe en 1940, dans la France occupée. On ne s’attend donc pas à croiser un seul Asiatique, Maghrébin ou Noir dans cette histoire tarantinesque. Eh bien si, il y a Marcel. Louisiane, franco-congolaise, lâche : « Ah, le mec du quota. De toute manière il y aura toujours un Noir quelque part ! » Pour Demba et son ami Alassane, tous deux d’origine sénégalaise : « De toute façon quand tu verras un Noir dans un film il se fera shooter au bout de deux minutes ! Et s’il tient jusqu’à la fin du film c’est qu’il s’était caché jusque-là dans un trou. » Alassane : « Où sinon tu le vois apparaître trente secondes, genre c’est un serveur. » « Même pas trente secondes, rien qu’il traverse la rue et c’est bon, il a fini son rôle », renchérit Demba qui commence à s’étouffer dans ses rires. « Son script c’est « marche tout droit ! » », achève son ami, plier en deux.

Le sujet les a décidément rendus comiques et joyeux. Pourtant, d’énormes stars de cinéma afro-américaines, comme Will Smith, Samuel L. Jackson ou Denzel Washington, têtes d’affiche super-bankable, infirment la vision qu’ont mes amis de la place du « Noir » à l’écran. Dans l’imaginaire de certains, toutefois, un Noir servira toujours de faire-valoir à la vedette blanche. Mieux vaut mieux de ce postulat qu’en pleurer.

Le court-métrage « Quand le quota frappe à ta porte » est une caricature subtile de la discrimination « positive ». Un couple de Blancs (Frédéric Gorny et Charley Fouquet) vit tranquillement le quotidien dans son appartement. Soudain une personne sonne à la porte. Qui est-ce ? Le « Noir de service », le quota (interprété par Diouc Koma), prénommé Jean-Baptiste mais qui s’est rebaptisé Mamadou pour faire plus exotique. Que veut-il ? Lui personnellement ne veut rien, par contre une nouvelle loi du ministère de l’éducation, de l’intégration et de l’identité national souhaite que chaque foyer compte un Noir ou un Arabe (pas de Chinois, oh non !) pour la cohésion sociale. Surpris par cette nouvelle loi, notre couple reste interloqué face au prêchi-prêcha de Mamadou. Lequel croit avoir trouvé l’argument massue : « Vous pensez vraiment que c’est son truc, à Julie Lescaut, d’avoir N’Guma (Mouss Diouf) dans son équipe ? Elle fait avec. Vous ferez avec. »

Dit comme ça, ça peut déboussoler ou même outrer le lecteur. Je vous invite donc à voir la séquence en vidéo.

Prosith Kong

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