Accompagnée de ces grands-parents qui retournent intacts au bled, tout de voiles et de bavardages vêtus. On dit bonjour aux cartouches de Marlboro à 11€ et aux 30kgs de fringues à donner et aux litres de fioul à 20cts.

Une cousine nous accueille, elle nous donne des nouvelles du bled, on parle Sonatrach (Société Nationale pour la Recherche, la Production, le Transport, la Transformation, et la Commercialisation des Hydrocarbures), Bouteflika et son 3ème mandat, émigrés, baklawa, zlabia, et boulot,  tout ça derrière un camion transportant des poubelles a l’air libre, normal ici.

On retrouve ses vieilles habitudes, avec les pratiques du téléphone arabe, les policiers conciliants avec lesquels on peut blaguer, ces passants qui s’avèrent être meilleurs que des GPS, ces bureaux de change en plein air à Alger, ces cafés bondés d’hommes de tout age venus discuter de tout et de rien, ces vendredis sacrément déserts et ces journées tempérées par les sourires blancs des autochtones inconnus. On fait 4 bises à notre grand-mère et au temps qui passe, avec ces enfants qui grandissent et qui naissent et les autres qui vieillissent et qui s’effacent. Le bled est toujours le même. 

Mais un phénomène national reste toujours intact :  celui des « hitistes » (le mur en arabe). Ce sont ces jeunes hommes qui tiennent les murs toute la journée, qui vivent chez une mère qui travaille et ne leur refuse rien. Ils matent toute la journée et disent  bonjour aux jeunes filles non voilées, et les suivent du regard avec des yeux pas vraiment revolver… C’est l’une des petites populations que compte l’Algérie. 

L’Algérie, ce pays qu’on a l’habitude de nommer « la porte de l’Afrique ». Ma cousine Sarah me raconte qu’à l’université d’Alger, il y a beaucoup d’Africains qui parlent espagnol, portugais ou anglais selon leur pays d’origine. Ils doivent tous suivre 6 mois de stage de français avant d’étudier. Les seuls noirs africains que j’ai pu voir étaient tous en costard cravate. Mais cette nation est aussi la porte de l’Asie, car ce pays en voie de développement possède énormément de travailleurs chinois et coréens sur les chantiers, allant de l’ingénieur au manutentionnaire. Mais il y a aussi des magasins chinois de vêtements basse qualité à la mode du soleil levant qui ont énormément de succès. 

D’ailleurs parlons-en de la mode. Ici, les pieds sont habillés de chaussures en cuir pointues sans vraiment de talon, avec un trait de mascara discret, et une chevelure digne de l’Oréal, pas de décolleté mais du moulant très proche du corps, des jupes longues en jean, tout cela pigmenté par des couleurs unies trop sombres ou trop fluo sans oublier les perles serties d’or et de paillettes. Quant aux hommes, toujours des lunettes de rital dorées et des vestes en jean assortis au pantalon avec des cheveux très courts et des chaussure de sport. C’est donc une mode uniforme, sobre, classique et tiraillée entre le simple et les petites fantaisies qu’est celle de l’Algérie.

Une culture, c’est aussi un état d’esprit. La mentalité ici est, comme le dit si bien Bouteflika, « sereine ». Les habitants oublient le souci du détail et de la perfection. Le changement n’existe pas car les conversations sont toujours pointillées du célèbre « inch’ Allah », ainsi le lendemain est toujours oublié au profit du présent. On profite de sa journée, des jours qui passent et se languissent dans ces existences. 

Au  delà de tout cela, une seule chose reste éternelle : l’amour de sa culture et la joie apportée par notre bijou le plus précieux : la famille, t’as compris !

Sofia Azzedine (Lyon BondyBlog)
 

 

 

Sofia Azzedine

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