« On découvrait la faune dans les marais. On y a construit l’A3. Il y avait cinq cinémas à Bondy. On fixe chacun sa parabole au balcon et branche sa connexion internet. Il y avait l’Espace Giono, du théâtre, une bibliothèque. On a tout rasé. Il y a à la place une annexe de garderie, mais rien d’autre sinon la maison Balavoine ». Touhami Abdli (à droite sur la photo avec son collègue Hocine Taguemount) compare son Bondy nord de celui des jeunes d’aujourd’hui, « une cité dortoir où l’on mange et l’on dort, c’est tout ». En tant que responsable des gardiens d’immeuble pour l’agence « Bondy Habitat », il porte un regard d’urbaniste sur sa cité. Il explique les émeutes de l’avenue Jean Lebas par la fréquentation du lieu: tous les halls convergent vers la même artère. Visite guidée : le bruit infernal de l’autoroute qu’un mur antibruit ne parvient à couper, la minuscule poste et ses trois guichets pour 15’000 habitants, la Sécurité sociale qui est amenée à quitter le quartier nord, l’annexe du commissariat de police quasi toujours fermé. Pour lui, ces grandes barres sont l’essence du problème, mais un minimum d’effort peut tout changer. On a planté des arbres sur l’Avenue Suzanne Buisson. On s’efforce d’effacer les tags dans l’heure qui suit. On cherche à entretenir la luminosité et la propreté des halls d’entrée (l’état des boîtes aux lettres étant la vitrine de tout l’immeuble). On repeint les cages d’escalier. On inculque les règles du recyclage (photo de gauche), mais s’il est plus facile de tout balancer dans le vide-ordure. Il s’autorise un petit coup publicitaire en allant visiter les bâtiments de l’agence SEMIDEP, les concurrents parisiens (photo de droite).

 

Par Blaise Hofmann

Blaise Hofmann

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