Toujours sans nouvelles de Dilgo qui ne laisse pourtant pas d’en écrire ; parler sans rien dire est une marque de personnalité. Certains parmi nous prétendent connaître les ravisseurs de notre président, des parents, des amis perdus de vue, des anciens collègues. Nous ne parlerons pas sans être sûrs, sauf si le Canard enchaîné essaie de nous doubler sur le coup.

« La constitution c’est un costume sur mesure, ce n’est pas quelque chose que l’on emprunte »

 


Jacques Chirac, interview télévisée, 14 juillet 1999

Ce ne sont jamais les mêmes et ce ne sont pas tous des français. Ou alors des français qui ne savent plus parler français, des français de cœur, de hasard, de circonstances, par alliances. Je me rends mieux compte maintenant, mes ravisseurs ne savent pas qui je suis. Il y en a un qui m’a dit que je pouvais descendre laver mes affaires quelques étages en dessous, qu’il y a des machines à laver le linge, une buanderie. Cet endroit est-il plus large que profond ou plus profond que large ? Où sommes-nous, sous le Havre ou sous les Pyrénées ?

Des ravisseurs il y en a plusieurs. Des machines à laver aussi. Il y a celle emplie par un type qui m’a prêté une chemise et un pantalon pour que je puisse mélanger mon linge avec son sale. Il ne s’intéresse pas du tout à la campagne et prétend ne pas avoir la plus petite idée de ce que c’est, la constitution. Il en a entendu parler, oui, à la télé, peut-être à l’école, jamais à la maison. Il vient du village de Saint Jeannet dans les Alpes. Dans un sous-sol d’une profondeur inconnue, le tournoiement du lave-linge est reposant comme la montagne, tandis que nous conversons tranquillement.

Si donc aujourd’hui je peux écrire au maire de Saint Jeannet, c’est au nom de cette amitié que j’ai noué quelque part sous la terre, devant une machine avec un type qui a peut-être fui le chômage, ou suivi la piste de sa folie, tenté de saisir le scintillement d’un miroir aux alouettes ; qui n’a pas l’air en tout cas de se préoccuper de sa situation actuelle, ni de ce qu’il fera demain, de quoi il se vêtira, etc.

Il me parle des siens, de son village alpin qu’il ne reverra peut-être plus. C’est dans ce village que je vais vivre une aventure, sur le parvis de l’église. Car dans ce village il y a une église comme pourront, sur google, le vérifier tout à l’heure mes lectrices et mes électeurs. Une église et un monument des morts – les morts aussi je communique avec eux n’importe où, comme l’autre jour avec monsieur Loubet (épisode 12/56) – et c’est sur le parvis de cette église que je vais vivre une aventure, la mienne, que j’ai toujours déjà vécu et que je vivrai toujours. Oui, je peux dire que ma biographie de président est d’un genre inouï, aucun président n’a fait ça.

Le site internet de la commune de Saint Jeannet est effectivement intéressant et m’a permis de demander au maire de peser de tout son poids de notable en faveur de ma candidature. Je lui ai demandé également de bien vouloir me recevoir quand je viendrai vivre mon aventure chez lui, et ensuite de me parler de lui, de ses enfants, des difficultés de sa commune, de ses adversaires politiques. Les habitants du BB sont naturellement invités à lui écrire pour soutenir ma démarche et lui proposer de nouvelles idées. Il faut lui montrer et lui démontrer qu’il est de l’intérêt supérieur de sa commune, et donc de son site internet, d’entretenir les meilleures relations avec Bondy, Capitale du Blog Global (BCBG).

Mes électrices reliront avec intérêt mon aventure d’Antran (épisode 4/56), petite commune du Poitou, qu’il serait temps actuellement de relancer sur le thème du parrainage de votre président. Eh bien ! Moi, je ferai autre chose, étant celui qui par définition est voué à ne rien faire pour favoriser l’activité des autres. Par exemple peut-être, je répondrai à la lettre de madame Guigou, ou à celle de madame Royal. Mais d’abord il faut que je les lise.

Dilgo

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