J’enfourche mon vélo et je me laisse dériver dans le dédale des rues pavillonnaires (on ne le répétera jamais assez, Bondy ne se réduit pas aux cités). C’est un plaisir. Les maisons dessinent un paysage extraordinairement varié. Certaines sont décaties, d’autres affichent les signes extérieurs des rêves projetés par ceux qui les ont fait construire. Il y a une minuscule tour de castel sur celle-ci. Un balcon crénelé sur celle-là. De frêles colonnades un peu plus loin . Je m’arrête devant une maison qui semble en pain d’épices; je découvre un palmier pour le moins inattendu sous le ciel de Bondy. Tout cela me fait songer à un inconscient à ciel ouvert.

Ma préférée se trouve au 24 de la rue Jules Auffret. C’est comme une maison de poupée, au bout d’un petit jardin. Sur la grille, une plaque m’apprend que ce Jules Auffet donnant son nom à la rue fut conseiller général de Bondy-Pavillon, maire adjoint de Bondy, secrétaire de la région du Parti communiste français et fusillé par l’occupant allemand en 1944. Pour un membre du PCF, une si petite maison est comme un brevet de vertu communiste.

 

Par Michel Audétat

Michel Audétat

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