Les expulsés de Cachan ont enfin accepté d’être relogés sous les auspices de l’association France Terre d’Asile suite aux négociations qui se sont déroulées dans la nuit de mercredi à jeudi. Une médiation assurée par les présidents de la Licra et de SOS Racisme avait été ouverte mercredi par le gouvernement.

France Terre d’Asile mettra à disposition des expulsés 76 places au centre de transit de Créteil, 44 places en hôtel dans le département du Val-de-Marne, 20 places en hébergement d’urgence à Stains et 18 places à Boissy-Saint-Léger dans le dispositif Sonacotra.

Le cas des sans-papiers sera réexaminé.

« C’est bien, moi je trouve que c’est normal. Ça va aller », affirme, à propos du protocole, un ancien squatteur sans-papier d’origine ivoirienne. Le texte prévoit pour les personnes en situation irrégulière, dont le nombre exact est encore inconnu, un réexamen de leur dossier par le ministère de l’Intérieur. 

Les quelque 200 derniers occupants du gymnase de Cachan ne veulent pas quitter les lieux et rejoindre les hébergements provisoires mis à leur disposition. Fidèle Nitiema, porte-parole des occupants du gymnase, explique : « Plus personne ne bougera d’ici car l’association France Terre d’asile avait un accord avec l’Etat pour héberger des gens à Stains, Boissy-Saint-Léger et Créteil, mais depuis lundi soir on nous balance dans des hôtels n’importe où, très éloignés de Paris ».

Depuis samedi en fin d’après-midi, début de l’évacuation du gymnase occupé depuis le 18 août dernier, plus de 150 personnes ont quitté les lieux, mais certaines sont revenues mécontentes.

En arrivant au gymnase deux images me saisissent : une petite fille d’à peine six ans l’air mi gaie mi triste s’exclame « on va quitter ici, je pourrais avoir une chambre… ». Autre image, c’est celle d’un groupe de femmes, visiblement contentes chantant et dansant, comme pour célébrer un heureux événement. Ces deux images traduisent en réalité le soulagement quasi unanime qui a accueilli la signature de l’accord. Un accord qui, en principe, met un terme au calvaire de plus de 300 ex-squatteurs.

Pour l’instant, le plus difficile semble acquis pour les pensionnaires du gymnase de Cachan : trouver un toit. Ceci est d’autant plus important que depuis le mois d’août dernier ces personnes, dont de nombreux enfants, vivent dans une situation dramatique.

Et le pire était à craindre avec l’approche de l’hiver. « Le dénouement de cette affaire constitue une victoire. Victoire pour les ex-squatteurs, victoire aussi pour cette France solidaire constituée d’hommes et de femmes qui ont fait leurs la souffrance et la misère des ex-squatteurs », me dit une jeune femme venue aider les squatteurs à partir.

En effet, une formidable chaîne de solidarité est nouée autour des familles du gymnase. « Aujourd’hui, les efforts de ces hommes et femmes sont couronnés. Voilà un enseignement pour cette autre France, où le rejet de l’autre, la stigmatisation sont (hélas !) en train de prendre le pas sur les valeurs humanitaires ».

Sada Fofana

Sada Fofana

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