Mille euros, c’est, chez certains, un salaire mensuel. Mille euros, c’est le prix à payer pour passer dix jours en août en République Dominicaine au départ de Paris. Mille euros, c’est aussi, tenez-vous bien, le coût d’un aller-retour Paris-Oran. Deux heures et 20 minutes de vol séparent les deux villes. En fouillant sur Internet via les moteurs de recherches et les sites de réservation de séjours que tout le monde connaît, j’imaginais trouver le bon plan pour le mois d’août. Je parle des illustres promotions de dernière minute. Espoirs déçus.

Le site lastminute.com, par exemple, propose de choisir ses dates dans un tableau à double entrée. Des milliers de combinaisons entre le jour de départ et le jour de retour sont accessibles à l’écran. Mais pour un séjour de plus d’une semaine, tous les choix mènent au même tarif : mille euros et des poussières. Pour la période estivale, la valeur du voyage a doublé voire triplé par rapport au reste de l’année. Envolées, les retrouvailles avec les cousins, les après-midi à la plage au sable fin, le bon vent de la Méditerranée, le poisson frais, la musique à tous les coins de rue… Petit expédient, tout de même : l’escapade de quatre jours du 8 au 12 août, coûte environ 450 euros. Avis aux amateurs !

Il y a bien un moyen d’avoir un billet d’avion moins cher pour des vacances dépassant la semaine à Oran. Je me rends dans une agence de voyage de Paris 18e, fréquentée par beaucoup de Maghrébins. L’agent de réservation trouve des places à plusieurs dates d’aller et de retour. Je lui demande les prix. Il répond d’un air malicieux : « Ah là, nous passons aux choses sérieuses ! » Je m’attends à cette fameuse somme des mille euros. Après d’éternels pianotages sur son clavier d’ordinateurs, l’agent lance un regard à la fois abattu et déterminé : « 595 euros, c’est la dernière place que j’ai à ce prix. » Je reste sans voix, c’est trop cher pour moi. Il poursuit : « C’est la place d’une personne qui s’est désistée. Nous augmentons les prix après un désistement. »

Dans une autre agence près de Bondy connue également des Maghrébins, le voyagiste avance l’argument suivant : « Il y a déjà eu une première démarque avant le mois de mai. » Comprendre : « T’avais qu’à réserver plus tôt ! » « C’est la période estivale, ajoute l’employé de l’agence, c’est normal que les prix grimpent. »

Mon budget, c’est 400 euros. Aucune offre ne convient donc. Reste l’option du trajet en bateau au départ d’Alicante, en Espagne. Une aventure de 48 heures, moins coûteuse. C’est celle que j’ai choisie : 24 heures en bus de Paris à Alicante pour 226 euros aller-retour, puis 8 huit heures de bateau à un prix défiant toute concurrence. Les relations entre la France et l’Algérie sont bien compliquées !

Nadia Boudaoud

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