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Décidément la discussion avec Elbekkay est passionnante. Quand il se compare à ses amis d’enfance, dont beaucoup ont connu la prison, il met sa chance sur le compte de l’éducation. Comprenez l’autorité de son père et les gifles qu’il recevait quand il faisait des « conneries ». « Moi, j’avais plus peur de mon père que de la police. » Le laxisme des autres parents, il l’attribue lui aussi, comme Diol il y a quelques jours dans ce blog et malgré leurs 30 ans d’écart, à ces lois françaises qui empêchent d’éduquer.

– J’y ai beaucoup réfléchi, explique Elbekkay, et je pense à une histoire qui est arrivée ici il y a deux ans. Un gosse avait fait une connerie, il avait manqué de respect ou volé quelque chose à quelqu’un, je ne me souviens plus, et cette personne était allée se plaindre à son père. Celui-ci avait réagi sévèrement.

– En somme, il a battu son fils…

– Non, il l’a corrigé! C’est légitime. Battre son enfant, c’est sans raison. Ici il l’a corrigé, parce qu’il y avait eu quelque chose. Le lendemain, à l’école, l’enfant avait une petite trace et ils ont rameuté l’assistante sociale, et le père s’est retrouvé un mois en prison. Je ne comprends pas! Comment peut-on mettre en prison un père parce qu’il a éduqué son enfant?

Cet échange me laisse songeur. Les méthodes d’éducation de la Cité – quand il y en a – semblent décidément assez dures et violentes. Mon collègue Paul m’avait aussi fait cette remarque, ça l’avait frappé (si j’ose dire). Faut-il vraiment en passer par cette violence « éducative » pour éviter que des jeunes soient abandonnés à eux-mêmes et n’aient plus aucun sens ni des limites, ni de l’autorité?

Par Alain Rebetez

Alain Rebetez –

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