Une musique qui bouge, une ambiance sympa et chaleureuse, une déco rétro, des clients nombreux. Nous sommes à la Cordonnerie, un café branché, à deux pas des Halles, dans le IIe arrondissement de Paris. A l’angle des rues Greneta et Saint-Denis, à deux pas de la Cordonnerie, la Fontaine de la Reine, un monument parisien méconnu. Le bar s’est agrandi en annexant une ancienne cordonnerie. D’où son nom. Il est plus de 20 heures, on attend le couscous dans un joyeux brouhaha. Sur les tables, des mojitos, des cuba libre, des pintes de bière, du coca… Des touristes, des Parisiens, des étudiants, des bobos se retrouvent ici pour se détendre en ce samedi soir.

Un groupe de jeunes originaires de Bretagne, pour la plupart cadres,  s’est donné rendez-vous pour passer la soirée. L’un d’eux, parisien d’adoption, cadre et habitué du lieu, les a réunis ici ce soir. « Je viens ici surtout parce qu’il ya une bonne ambiance, et en plus les boissons ne sont pas chères, la pinte de bière (50 cl) est à moins de 3 euros pendant l’happy hour (17h/20h), et puis le couscous est bon », dit-il. En effet, ce bar est connu pour être l’un des moins chers de la capitale. « Je viens de province et ce n’est pas la première fois que je viens dans ce bar,  j’aime  bien », ajoute l’un de ses amis.

 

Deux touristes chiliens sont ici pour la première fois, emmenés par une amie chilienne qui vit à Paris. « On connaît le couscous mais on le mange plutôt sous  forme de taboulé ou de semoule simple sans légumes ni bouillon », disent-ils. Une jeune artiste peintre designer, de passage à Paris, est là ce soir accompagnée d’une amie. Elle expose ses œuvres dans le quartier et prépare une prochaine expo à Lisbonne. Elles aussi se rendent dans ce lieu surtout pour la bonne ambiance. « Ils font de bons mojitos et en plus c’est pas cher et  pas du tout guindé. » Le décor est ancien, on remarque quelques dessins à même le mur, des pierres apparentes, du bois, des lampadaires design. Ici le vieux Paname fait recette, tout comme les concerts qui s’y donnent de temps à autre.

Bonne nouvelle ! L’un des employés arrive et dispose sur les tables les couverts avec les serviettes. Le couscous tant attendu arrive, servi dans des assiettes creuses, garni de viande, de légumes et de pois chiches. Le couscous est copieux et bon. En plus la présentation est soignée. Jusque-là tout est normal. Sauf que le couscous est offert gracieusement aux clients du bar à raison de deux soirs par semaine, le jeudi et le samedi. Pour les « retardataires » un second service est même prévu vers 22 heures. En été, le couscous fait place aux moules frites. Quand le beau temps revient, la terrasse se remplit. Il n’est pas rare pour l’équipe d’y servir, certains soirs, plus de 200 couverts.

Rachid a instauré ce concept de couscous gratuit depuis qu’il a repris ce bar, il y a cinq ans. Le patron, sympathique, participe à la vie du bar et prend le temps de discuter avec les clients. Ce Kabyle, originaire des montagnes de Djurdjura, explique que «  l’hospitalité et la générosité sont partie intégrante de la culture kabyle ». Il aime respecter cette tradition et faire plaisir aux clients. « En plus, cela permet à des étudiants, ou à des gens en difficulté de sortir, de se nourrir ainsi à moindre frais », ajoute-il. Quand il reste du couscous, on ne le jette pas. On le distribue aux sans domiciles du quartier. Il précise que ce concept de couscous gratuit est pratiqué par environ une vingtaine d’établissements à Paris tenus généralement par des Kabyles. Le principe est donc simple : les boissons sont payantes et le couscous est offert. Un bon plan pour sortir à Paris sans se ruiner.

Tassadit Mansouri

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