2008, telle une blennorragie, nous a fait souffrir par-là même où nous avons tous pêché. Désormais, nous le savons, et c’est heureusement officiel : c’est la crise. En 2009, nous allons devoir supporter toutes ses déclinaisons : la crise de nerfs, la crise cardiaque, la crispation, la Crisetine Boutin, la christianisation, la Crisetine Lagarde, et j’en passe… 2009 sera aussi ingrate que 2008, personne pour abreuver nos sillons, alors qu’attendons-nous, taillons des têtes comme nos ancêtres, bourgeois à temps plein et révolutionnaire à mi-temps !

Oui, mais par où commencer ? Qu’importe, en 2009, nous irons au château armés jusqu’aux dents, attaquerons l’intendant général et renverrons la reine dans le Piémont, puisqu’elle nous fait la courtoisie d’être proche du peuple. La cour ira lécher les bottes du geôlier à la Bastille, les sans-culottes (et ce même avec les soldes) mangeront leur cocarde en digérant le tricolore et le bonnet phrygien.

C’est un scénario possible, auquel aucun voyant ou autre extralucide n’a pensé. Mais ne rêvons pas ! Avant de sortir de sa torpeur le tiers-état, du confort douillet de son salon et de ses programmes sans réclames, diffusés sur écran plasma, nous aurons des cheveux sur les dents. Alors, à défaut d’autre chose et pour retourner dans une légèreté impropre à ces temps de crise, j’ai fait un rêve : celui de ne plus manger de poisson le vendredi à la cantine.

Effectivement, depuis de nombreuses années que je fréquente, de manière professionnelle, les établissements scolaires franciliens, j’ai développé une allergie au poisson, éruption cutanée ne venant que le vendredi puisque le mardi, par exemple, je le digère plutôt bien. La France beau pays laïc, continue de gaver ses enfants de poissons le vendredi, jour saint dans notre cher calendrier.

Mais il n’y a pas que le poisson qui m’indispose, la viande hallal, aussi. Fieffé mangeur de cochon et bouffeur de cureton, comment est-il concevable de subir les principes religieux dans le repas quotidien ? Que l’hostie continue à fondre sous la langue de ceux qui la quémande. Et que la viande hallal soit plutôt à l’ail ou au beurre, dans nos chères cantines. Laïcité et nourriture terrestre doivent s’accorder, comme un vin sur un gibier.

Adrien Chauvin

Adrien Chauvin

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