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Les Trois mousquetaires s’étaient invités à Argenteuil ce samedi 31 août, pour un duel bien particulier dans lequel le crayon a remplacé l’épée. Quelques écorchures, deux trois pointes, mais les mots ont fait mouche.

Sur la dalle d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise, une foule s’amasse sur une esplanade. Il y a comme un parfum de rentrée qui flotte. Les gens débarquent aux compte-gouttes accueillis par une collation. Des tables entassées sont alignées les unes derrière les autres, recouvertes par des trousses, des feuilles, sous le regard des tours silencieuses. Le lieu est métamorphosé, c’est un mix entre une salle de classe et une féria urbaine. Il y a des enfants, des adolescents et des adultes qui attendent sous un fond sonore électrisant. Les gens sont nerveux.

carreArgenteuil3Un homme se lève et tient un discours sur fond d’humour, c’est Abdellah Boudour le président de l’association argenteuillaise : « Force des Mixités ». Ils lancent la dictée des cités avec l’auteur du roman « Flic ou Caillera » Rachid Santaki. « J’ai animé la grande dictée à Clichy-Sous-Bois et suite à cela, Abdellah m’a contacté comme il aimait le concept », confie le romancier.

L’heure tourne et le stress est de plus en plus palpable ! Les hostilités commencent par un classique de la langue française, Les 3 mousquetaires, d’Alexandre Dumas. « D’Artagnan ne connaissait personne à Paris… Il réfléchit aux différents caractères de ceux avec lesquels il allait se battre et commença à voir plus clair dans sa situation. »

À la première lecture de l’auteur, des regards perplexes s’échangent. « Ah, je suis dans la merde ! » balance un jeune rempli de désarroi. La dictée commence sous un silence de cathédrale. Dès la première phrase, les interrogations fusent entre deux préadolescents : « D’Artagnan, c’est avec t ? ».  » Je ne sais pas, même moi j’hésite ! »

Argenteuil2Les bancs de l’école sont loin ! La concentration ne fait pas l’unanimité. Des chuchotements viennent perturber en vain ceux qui tentent de finir. Il y en toujours un qui dans sa détresse appelle au secours, toujours avec le même préambule : « Qu’est-ce que c’est le mot qui vient après Athos ? Qu’est-ce que c’est… », me harcèle mon voisin zélé. J’aurais aimé lui répondre : « Tu ne vois pas que je suis en galère ! »

La courtoisie me rattrape en vol avant que je le condamne au silence. La dictée prend fin, pendant qu’ils corrigent les copies, c’est l’heure du débriefing en huis clos. Chacun en va de sa propre théorie. « J’ai entendu le mot doustement et ça m’a induit en erreur alors que c’est doucettement ! » lance une dame mécontente.

Des jeunes se rendent compte qu’ils sont aussi tombés dans le piège. Les résultats tombent, c’est un carton plein pour les filles. Les gagnants reçoivent leurs cadeaux sous l’acclamation de la foule. L’essentiel c’est de participer, tous les enfants repartent réconcilier avec l’envie d’apprendre et des fournitures scolaires : cahiers, Bescherelle…

« Cet événement a pour but d’inciter les plus jeunes à la lecture, pour qu’ils acquièrent du vocabulaire, car c’est indispensable pour leur futur », me témoigne le président de l’association Forces des Mixités. La rentrée c’est mardi, les écoliers seront-ils prêts ?

Lansala Delcielo

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