À Bondy depuis plusieurs décennies, une navette de quartier circule dans les rues de la ville en complément des transports en commun classiques. Aujourd’hui appelé le T.U.B, ce mode de transport vit ses derniers jours et sera supprimé le mois prochain.

Dans les années 2000, cette fameuse navette elle a laissé place au T.U.B. (Transport Urbain Bondynois). Un bus qui a continué à assurer un service régulier local à Bondy. Il s’agit d’une ligne de bus local, un transport de proximité desservant les quartiers oubliés des circuits commerciaux des transporteurs comme la RATP ou Véolia.

A chaque course, il parcourt en moyenne 6,695 km vers le nord et 5,810 km vers le sud pour une durée moyenne de 1h15, et ce du lundi au samedi. « Comparé aux autres lignes, là, il y a beaucoup de validation. On n’a pas besoin de leur courir après pour valider. Ils valident d’eux-mêmes parce qu’on leur explique que si on veut avoir plus de moyens pour le T.U.B., le taux de validation est très important » me confie Madji, chauffeur du T.U.B.

Pendant ce temps, on voyage gratuitement dans « Le P’tit Bus du Pré » au Pré Saint-Gervais et dans le « Till Bus » des Lilas… qui font eux aussi partie avec Bondy de la Communauté d’agglomération Est Ensemble regroupant ainsi les 9 villes de Seine Saint-Denis (Bondy, Bagnolet, Bobigny, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville).

On lui applique la tarification RATP en vigueur. Tout le monde participe à son financement : les voyageurs, la mairie et le STIF. Mais voilà, il semble que le T.U.B. a de moins en moins d’adeptes. Il voit sa fréquentation diminuer et devient de moins en moins rentable et nécessaire. Dernière ligne droite donc pour ce T.U.B. qui devrait disparaître d’ici la fin de l’année. Et pourtant, une pétition circule à Bondy pour ces usagers qui ne veulent pas s’en détacher… Tout le monde le prend, les lycéens et collégiens, de manière plus occasionnelle lorsqu’ils ratent leurs bus. Les usagers réguliers sont les personnes âgées et les personnes allant travailler. « Il y a beaucoup de signatures et beaucoup de personnes sont concernées et très impliquées dans le T.U.B. parce qu’ils ne veulent pas que ça s’arrête » raconte Madji.

Contrairement aux autres lignes de bus, il y a une relation affective entre le chauffeur et les usagers du T.U.B et ça, Madji l’a bien remarqué « C’est une clientèle assez habituée, très agréable, avec des bonjour, des sourires, des merci, des au revoir, des bonne journée. Ils viennent discuter avec moi deux minutes. C’est sur toute la ligne comme ça de Bondy nord à Bondy sud. C’est plus familial, c’est plus convivial. Les gens s’aident entre eux. Moi, je n’hésite pas à sortir du bus pour aider une personne. Voilà, c’est autre chose que dans les bus classiques ».

Un service différent est donc aussi rendu aux usagers, plus humain et à l’écoute. Le T.U.B. attend les usagers et peu parfois ajuster son trajet aux passagers. C’est ce que le chauffeur Madji fait encore remarquer : « C’est parfois adapter son trajet à certains usagers pour leur rendre service. C’est le cas pour les personnes handicapées ou des personnes âgées. »

Les moments de la journée où la fréquentation augmentent restent bien évidemment les heures de pointe, du lundi au vendredi. Les trois premiers tours du matin prennent au total environ 80 personnes sur la partie sud de Bondy, le coin le plus mal desservie de la ville par les bus classiques. Au nord, beaucoup plus de lignes circulent (346, 616…). Le samedi, les habitants du nord comme au sud l’empruntent pour aller au marché. Le marché permet à la population bondynoise de se côtoyer, une ville caractérisée au Nord par des cités HLM et au sud des zones pavillonnaires.

Malgré son parcours en huit avec comme point central l’arrêt à « Église de Bondy », les habitués qui prennent le T.U.B. sont surtout les habitants du sud de Bondy, car très peu de lignes de bus classiques desservent cette partie-là de la ville, notamment celle d’Édouard Vaillant et de Blanqui. « S’il fallait revoir le trajet du T.U.B. pour le rendre plus rentable, il faudrait augmenter la fréquence allant de l’Église vers Bondy sud. Certains usagers attendent même pendant une heure, car ils n’ont pas le choix, cette partie n’est pas desservie au sud par les lignes de bus classiques » conclut Madji.

La suppression du T.U.B. n’est pas une fin, d’autres projets pointent à l’horizon et ne demandent qu’à éclore : un T.U.B. avec un parcours plus optimisé ? À suivre…

Cristel Fabris

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