L’an dernier, je vous faisais un petit topo concernant les répercussions du pollen sur la santé des personnes allergiques, dont moi. D’ailleurs, avec le temps cela empire ! Les allergènes sont de plus en plus nombreux et le rhume des foins se déclare de plus en plus tôt. Mais ce coup-ci, je vais vous parler de ce que l’humain fait subir à l’arbre, à la pelouse, notamment là où j’habite. Non je ne parle pas des coupes d’arbres excessives, on en entend souvent parler. Oui, la planète se vide de sa verdure, les bois et forêts sont de plus en plus petits mais à côté de chez moi, c’est Noël toute l’année. 

Les arbres ne sont jamais vierges. Les pelouses en bas des immeubles, aussi. Du matin au soir, il y a quelque chose dedans. Cela va du sac plastique échappé de la poubelle de la rue ou alors qui a volé sur des centaines de mètres depuis la décharge publique, à la serviette de bain Bob Marley qui a glissé du balcon d’un habitant. Sans oublier, la mythique paire de baskets avec les lacets noués qui se balance dans l’arbre, comme dans les films américains. Ou encore une bande de cassette vidéo coincée dans les branches. Je me suis toujours demandé comment elle avait pu en arriver là. 

Côté nostalgie, on y voit parfois des avions en papier que les gamins se sont exercés à lancer depuis leur fenêtre. Je l’ai fais moi-même… et puis il y a le linge des habitants des immeubles voisins. Quand on habite au 15ème étage, que l’on accroche ses vêtements sur le bord de la fenêtre parce qu’en été, sa sèche vite et qu’un vent fort les embarque, on ne peut strictement rien faire quand ils atterrissent dans l’arbre en bas de l’immeuble sauf si on a un petit frère victime du syndrome de la singerie qui ira grimper dedans pour vous les récupérer après avoir négocié son pot de glace en échange. 

Quant aux pelouses, le dimanche, elles se transforment en dépotoir parce que les éboueurs ne travaillent pas et surtout parce que la flemmardise aigüe des gens les pousse à balancer par la fenêtre leur trognon de pomme, leur kleenex ou encore leur canette de soda vide, parfois à moitié pleine. Sympa pour celui qui se la prend dans les pattes. Mais en matière de jeté de fenêtre j’ai eu pire ! Une couche pleine… et j’ai même une anecdote : quand ma sœur avait 4ans, elle a profité que la fenêtre soit ouverte pour glisser sa main et balancer tous mes crayons de couleur que ma mère venait de m’acheter pour la rentrée scolaire. Je suis donc descendue en vitesse les récupérer et devinez ce qui me tombe sur la tête ?? Une omelette cuite, poivrée vu les petit grains noirs dessus. J’ai à peine eu le temps de secouer la tête et ressortir du bac à plantes que la poêle et la fourchette ont pris le même chemin. 

Après on parle d’écologie, de préserver la planète etc… mais il faudrait sensibiliser ces personnes, en expliquant que la pelouse qui enjolive leur tour, si elle est salie, elle ne durera pas longtemps surtout que ça attire les rongeurs… Vous savez ces rats dont je vous parlais. D’ailleurs, ils continuent à se multiplier et à grossir. Bon, je pars à la chasse aux clichés verts. Des arbres décorés j’en connais pas mal, des pelouses également. Chers lecteurs, vos petits papiers, mouchoirs et autres ordures se sentent seuls par terre ou dans nos arbres. Ils n’attendent qu’une chose, se faire avaler par cette bouche qui leur est si chère et indispensable, la poubelle !

Inès El laboudy

Inès El laboudy

Articles liés

  • Des jeunes surendettés à cause des amendes du couvre-feu dans les quartiers

    Des familles entières se retrouvent endettées à cause de salves de contraventions liées aux mesures sanitaires. Des associations dénoncent un « phénomène d’ampleur grandissante » et « une application disproportionnée et discriminatoire des mesures ». Une enquête en partenariat avec Mediapart.

    Par Anissa Rami
    Le 26/07/2021
  • La cantine des femmes battantes : solidarité féminine, ambition et cuisine

    #BestOfBB Lancée en fin 2019, l’association dionysienne La cantine des femmes battantes vise l’émancipation des femmes précaires grâce à la cuisine. Tous les weekends, Aminata, Mariame, Maïté et Fatou se réunissent pour cuisiner, vendre et livrer une cinquantaine de plats à Paris et en Seine Saint Denis. Issues de parcours compliqués, ces cuisinières ont décidé de monter l’association dont elles avaient besoin, afin d’aider, par la suite, les femmes qui leur ressemblent. Reportage.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 26/07/2021
  • Le blues des petites mains du monde de la nuit

    Après 16 mois de fermeture administrative, les discothèques ont rouvert leurs portes le 9 juillet dernier. Mais alors que l’épidémie repart, l'étau se ressert déjà pour bon nombre de professionnels partagés entre la colère des derniers mois sans activité, et le doute concernant le futur. Nous avons rencontré quelques petites mains du milieu, qui racontent la précarité des derniers mois.

    Par Lucas Dru
    Le 22/07/2021