Dimanche dernier, dans le JDD, 66 personnalités de différents domaines artistiques, différentes orientations politiques ou religieuses ont signé un appel intitulé « Une main tendue ».
«Plus jamais d’Aylan sur les plages de Turquie» écrivent-ils. En quelques heures, la photo de l’enfant retrouvé noyé est devenue le symbole d’une tragédie. Il aura fallu la vision d’une telle atrocité pour éveiller les consciences collectives et créer un élan de solidarité. « Parce que nous ne voulons pas seulement en appeler aux pouvoirs publics depuis le confort où nous sommes installés, mais agir, parce que nous ne voulons en aucun cas donner des leçons mais nous engager, chacun des signataires de cet appel offrira un cachet solidaire à l’une des associations qui intervient dans les pays d’origine ou dans les pays d’accueil pour aider les réfugiés ».
Face à de tels évènements, ces artistes ont choisi de montrer l’exemple. Cette fois-ci, ces derniers n’ont pas voulu jouer le rôle des moralisateurs qu’on leur donne habituellement. Faire des dons plutôt qu’écrire des chansons caritatives nous poussant à le faire. L’heure est aux actions concrètes et efficaces. Ces personnalités médiatiques nous invitent à suivre la même voie qu’eux. «Nous appelons tous ceux qui le peuvent à faire comme nous et à joindre le geste à la parole d’humanité ».
Le chanteur à succès Marc Lavoine explique dans une interview son souhait de sortir d’une zone de confort où l’on constatait au lieu de contester. « Comme tout être humain je suis bouleversé par la souffrance et l’injustice. Cet appel, c’est la volonté de ne pas rester inerte. » Être humain. Qu’on soit immigré, smicard, millionnaire ou Daft punk. Chacun peut aider à son échelle. Cet appel témoigne du fait qu’il est possible d’agir de manière plus utile que ce qui a été fait jusque-là. Ne pas se contenter de tweets stériles prônant l’égalité et provoquant le pouvoir. Tenter de rallier plus de personnes à cette cause qui ne fait pas l’unanimité. 66 êtres humains viennent de le faire. Certains parleront de démagogie, d’autres diront « chapeau l’artiste ! ».
Oumar Diawara

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