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Depuis quelques mois à Bondy, nous avons le droit à la version adaptée du film de science-fiction, 2012. D’immenses tremblements de goudron suivis de tsunamis de graviers avec des trous énormes se sont formés comme par magie. Sans parler des batailles de grues… Et là je ne fais que résumer le – petit – calvaire que nous vivons au quotidien. Je vous passe les coupures d’eau et d’électricité… ! Bondy est devenu un gros chantier car la mairie a décidé de tout restaurer d’un coup. Entre les tours de Bondy Nord qui ont été détruites, la gare qui change sa disposition, les immeubles qui n’arrêtent pas de sortir de terre comme des champignons, les rues qui sont rénovées. Enfin bon, les hommes aux casques blancs et gilets fluos ne sont pas au repos tout de suite !

Parmi les nombreuses rues en rénovation il y a la rue Carnot, qui mène à la gare et qui fait plusieurs centaines de mètres. Elle est en travaux depuis près six mois et ce n’est toujours pas fini. Alors depuis le début des travaux, les bus font un incroyable détour et les automobilistes mettent une demi-heure de plus pour aller d’un point A vers un point B. Peut-être une technique pour limiter la circulation dans Bondy et dissuader les automobilistes d’emprunter leur voiture, qui sait ?

Tous ces mois de travaux, tout cet argent investi, toute cette énergie déployée pour… une piste cyclable. Une initiative qui a l’air génial de prime abord puisque que le vélo c’est écologique, ça revient moins cher que le carburant et cela permet de faire un peu de sport. Il est temps de mettre en application le slogan entendu partout : « Pour votre santé veuillez pratiquer une activité physique régulière ». Vu sous cet angle, c’est un rêve. Sauf qu’il y a un « mais » que les services de la voirie n’ont manifestement pas trop pris soin d’étudier : les Bondynois sont loin d’être des Lance Armstrong, les vélos ne sont pas légion à Bondy.

Dans la partie de la rue Carnot qui est encore en travaux, un homme aux cheveux grisonnants regarde les ouvriers travailler : « C’est inacceptable, on bloque toute la ville, on déterre les arbres pour des vélos alors qu’il doit y en avoir 10 dans toute la ville. » Plus haut, dans la partie rénovée, j’observe une dame qui lutte pour rentrer sa voiture dans le garage de sa maison. Après de longues manœuvres, elle lance : « C’est complètement idiot ! Sur cette piste, des vélos j’en vois même pas quatre par jour, ça ressemble plus à une voie d’autoroute qui prend la moitié de la rue qu’à une piste cyclable. »

Selma, 11 ans, trouve quant à elle « que c’est trop pratique parce qu’on peut faire du vélo tranquillement, avant j’en faisais sur la route mais c’était dangereux. Maintenant, je fais du vélo sur les pistes mais j’ai toujours peur que les bus me touchent parce qu’ils n’ont pas beaucoup de place. Par contre, à part des enfants de mon âge je ne vois pas beaucoup d’adultes. »

Certes, le résultat final est esthétique mais si le but espéré n’est pas atteint, quel est l’intérêt ? A moins qu’il ne s’agisse d’une technique pour convertir les habitants de Bondy aux deux-roues, sans moteur s’il vous plaît !

Sarah Ichou

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