Vous rappelez-vous de Dolly, Marie Jeanne et Aurore ? Sabine Pirolt, journaliste de L’Hebdo les avait rencontrées en novembre. Elles évoquaient chacune leurs situations alarmantes. Dolly cette mère de trois enfants de 13, 9 et 8 ans avait tout perdu. Tout! Les huissiers lui avaient confisqué toutes ses affaires. Sa situation a-t-elle changée ? A t-elle réussi à se reloger, à trouver du travail?

Nous rejoignons Nicolas à l’hôtel Saxo dans l’espoir de rencontrer Dolly. L’hôtel Saxo, le seul de Bondy. Un hôtel bien particulier où des familles entières s’entassent dans de minuscules chambres attendant désespérément d’être logées.

La réceptionniste travaille là depuis trois ans et ne cesse de se répéter: « Je fais plus de social et de psychologie qu’autre chose ! ». En effet, en rentrant de l’école, des enfants lui font la bise avant de monter dans leurs chambres. Elle leur demande comment s’est passée leur journée.

Une vingtaine de familles sont logées dans cet hôtel, pour la plupart des immigrés. Elle en a vu passer des familles, des jeunes.  « C’est grave tout de même des gens qui ont un emploi, un salaire mais n’arrivent pas à se loger », nous lance-t-elle. Pour elle, cela reviendrait moins cher de trouver un appartement à ces familles plutôt que de les loger dans des chambres à 38 euros la nuit. Les jeunes sont obligés de jouer dans les couloirs.

Dolly n’est pas dans le secteur, on nous dirige vers Bibi, qui nous donnera peut être des nouvelles. 20h ! Nous montons au quatrième étage pour rencontrer Bibi. Une de ses amies vient nous prévenir qu’elle sera en retard. Nous décidons d’attendre devant sa chambre. Une femme à l’allure désemparée arrive vers nous…

C’est Bibi, elle était déjà là elle aussi en novembre…à son grand désespoir, sa situation n’a pas évoluée. En effet, elle vit toujours à l’hôtel et ne sais plus quoi faire pour en sortir. Tous les matins elle continue de se lever pour partir à la recherche d’un emploi et tous les soirs elle « stresse » parce qu’elle n’est pas sûre de pouvoir dormir au même endroit.

Cela fait maintenant huit mois que Bibi est dans cette situation et elle n’a pas encore trouvé de logement, « il n’y a pas de logement parce qu’il y trop de demandes, ils donnent d’abord la priorité à ceux qui ont beaucoup d’enfants. Moi je n’ai qu’une fille de dix ans… » D’ailleurs, sa fille, elle ne la voit que le dimanche. Pour la « protéger », elle la laisse « là bas » (au foyer ou à l’école ?) comme ça, elle est sûre qu’elle a un lit pour dormir.

Ce soir Bibi est à bout. A bout de nerfs, les larmes aux yeux, Bibi nous dit qu’elle espère pouvoir suivre une formation prévue pour le 6 mars, peut être un nouveau départ… ? En attendant il va falloir encore essayer de vivre…

Par Elodie Arbey et Sada Fofana.

Sada Fofana

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