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Ils se présentent vêtus de fringues de grandes marques, grosse montre dorée au poignet et chaîne en or ultra bling-bling autour du cou. Non, ce ne sont pas des sapeurs, quoi que, c’est possible vu qu’ils sont originaires du Congo, mais eux, leur truc, c’est les faux billets. Je m’explique.

En général ils vont dans des restaurants et s’adressent directement au patron. La technique est simple, ils glissent deux billets entre les pages d’un magazine qu’il donne au potentiel pigeon. S’en suivent de brèves explications sur l’histoire des billets. Si le restaurateur refuse, ils reviendront plus tard, au cas où il aurait changé d’avis.

J’ai pu trouver un patron de restaurant au cœur de Paris, qui a eu affaire à ces trafiquants de faux billets. Il m’a rapporté la scène : « Un homme est entré en fin de service, vers 15h30. Il avait une chaîne en or tellement grosse que j’ai cru qu’il s’agissait d’une chaîne de vélo. Il avait une petite mallette et un magazine de sport sous le bras. Il s’est approché, m’a tendu le magazine avec le doigt entre deux pages et il m’a expliqué que les deux billets de 20 et 50 euros qui se trouvaient à l’intérieur étaient à vendre et qu’il en avait un gros paquet. Il a ajouté qu’il procédait par commande. Bien entendu, à un prix inférieur à sa valeur.

» En gros, il me vendait les faux billets à moitié prix mais il y avait un truc. Selon lui, ce qu’il allait me dire devait me faire craquer. Ces billets ont une durée de vie de sept mois. Durant cette période, ils ne sont pas détectés en tant que faux billets. L’aspect est parfait, j’ai même touché les billets comme mon comptable me l’a expliqué et pour quelqu’un comme moi, c’était un vrai. Mais au bout de sept mois, la couleur s’estompe, m’a-t-il dit, et il apparait alors comme faux. Faut dire que cela peut être tentant mais je ne me mettrais pas dans une telle posture. Je crains la justice et je ne veux pas perdre mon commerce. Mais je connais énormément de gens, des jeunes notamment, qui seraient prêts à en faire usage. Mais je ne leur en parle pas pour ne pas être considéré comme diffuseur d’une information illicite. »

En effet, cela est tentant, avec des tels billets on peut en faire des choses. On peut toujours esquiver le détecteur de faux billets en blanchissant les 50 euros au grec du coin. Il accepte tous les billets, ou presque. Et il a toujours plein de monnaie, donc ce n’est pas un souci mais je ne m’aventurerai pas sur ce terrain-là. En tout cas, soyez vigilants, car la fausse monnaie et les petites arnaques aussi minimes soient-elles sont légion.

Comme ces touristes qui se moquent de nous avec nos pièces rouges. Ils donnent des pièces rouges de la taille de nos 5 centimes et à plusieurs reprises, que ce soit à Carrefour, Auchan ou encore à l’épicerie du coin, je me suis retrouvée avec des pennies dans le porte-monnaie ou des pièces turques. La caissière ne faisant pas très attention, prend les pièces et les redistribue ensuite. Et du coup, quand on veut acheter une baguette, la boulangère, vigilante comme il se doit,  tique : « Ah non, désolée mademoiselle, mais ce n’est pas une pièce européenne. » Dans ces moments-là, je me sens gênée : toutes les bonnes femmes me scrutent du coin de l’œil comme si j’avais piqué un croissant…

Inès El laboudy

Inès El laboudy –

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