Perçue comme un manque de propreté, on l’associe souvent à un signe extérieur de sagesse. Elle a beaucoup fait parler d’elle, on l’a même chassé. Aujourd’hui, la barbe revient à la mode. Pas celle du père Noël, ni celle de Ben Laden. Non, celle qui revient en force, c’est la petite barbe de deux ou trois jours, celle qui donne un côté négligé, un brin rebelle, voire un peu sexy. La gente féminine, elle l’aime cette barbe ! Elle l’aime jusqu’au fameux : « Aie! Tu piques ! ». Attention! Vous venez de lui poncer la joue avec du papier de verre en lui faisant la bise.

Même les femmes se mettent au poil. Un groupe d’action féministe appelé « la Barbe » proteste contre la domination masculine en portant des postiches lors de leur manifestation. Elle serait même jalouse de la pilosité masculine. Enfin, la femme à barbe « is back ». On a toujours aimé les filles naturelles, pas vrai  ! La barbe ne fait toujours pas l’imam et la corrélation barbu-terroriste est révolue. Le « mythe » Ben Laden est mort. On peut s’attendre à une réplique de Marine qui trouverait dans cette mode des barbus une islamisation déguisée de la France, la prière dans la rue ne suffisant plus.

Quand la barbe pousse, le cours du rasoir chute. Les seuls qui pourraient être en guerre contre le poil du menton et des joues, se sont bien les industriels. Ils ont tout essayé. Deux lames, trois puis quatre lames et pleins d’autres inventions farfelues… Rien n’y fait, le barbu résiste. Il est loin le temps du couteau et du blaireau au barber shop. Où est passé le jeune imberbe qui vantait les mérite du Bic jaune. C’est même devenu ringard de flâner dans les magasins à la quête d’un jetable.

Alors chaud devant, place à la tondeuse d’Abdel le coupeur de tête qui pour dix euros et beaucoup de patience, te fait un dégradé et un bonus « bebar » taillée au laser. Il paraît que 2011 sera l’année de la moustache, mais chut, ne le marmonnez surtout pas !

Anouar Boukra

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