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En novembre 2024, une circulaire est communiquée aux préfets leur annonçant le non-renouvellement des postes d’adulte relais. Ces contrats d’insertion, initiés en 2014, visaient au développement des relations entre habitants de quartiers prioritaires et services publics. Concrètement, ce dispositif permettait aux associations chargées d’un service public d’employer des salariés habitant en QPV à partir de 26 ans.

Avec le délitement des services publics dans les quartiers prioritaires et des difficultés persistantes d’accès aux droits, les structures locales jouent un rôle d’intermédiaire. Un accompagnement social et administratif indispensable pour les publics les plus vulnérables.

Des associations d’utilité publique

« On apporte beaucoup à l’État et la collectivité en évitant l’errance des jeunes », souligne Yasmina Picquart, présidente de l’espace de vie culturelle Kirikou dans le 17ᵉ arrondissement de Paris (quartier Épinettes). Créé en décembre 1999 par des psychanalystes, cet espace permet un accès à la santé grâce à des consultations de psychanalyse pour tous, ainsi qu’un accès à la culture et aux droits.

Cette structure, qui compte six salariés et un important soutien bénévole, accueille environ 250 à 300 enfants et jeunes tout au long de l’année. Parmi les bénéficiaires, on retrouve des jeunes du quartier qui jouissent d’activités variées et de séjours de vacances culturelles avec des artistes. Mais également des familles en grande précarité, parfois extérieures au quartier, attirées par l’accueil rapide et le soutien psychologique proposé.

Le centre a une politique d’accueil universelle et inconditionnelle, et un accès complet aux activités après une adhésion de 5 à 40 euros par famille, sur la base de ce que les familles peuvent donner.

Des associations à l’avenir en suspens

Reconnue depuis 25 ans par les institutions locales telles que la mairie de Paris, la mairie du 17ᵉ, ou des ONG nationales (Emmaüs France, la Croix Rouge…), Kirikou est devenu une institution importante de l’arrondissement. Avec un budget annuel de 300 000 euros (subventions réparties entre l’État, la CAF et la ville de Paris), la présidente s’inquiète du devenir de l’institution. « Quand le poste adulte relais va tomber, nous allons devoir penser d’autres relais, cela va être difficile », détaille-t-elle.

Si on fonctionne bien, on évite des dépenses importantes de l’État plus tard 

En effet, la décision impliquerait la perte d’un poste salarié existant depuis plusieurs années et assurant le suivi du bien-être des jeunes fréquentant le centre sur le long terme. C’est ce lien de confiance fort qui permet à certains d’entre eux de ne pas se retrouver en errance. Un investissement financier de l’État qui, selon Yasmina, en vaut la peine. « C’est comme l’Éducation nationale : si on fonctionne bien, on évite des dépenses importantes de l’État plus tard », plaide-t-elle.

Les 5 000 adulte-relais aujourd’hui en poste pourront continuer leur activité, mais sans possibilité de renouveler leur contrat, et sans aide à la réinsertion professionnelle. Alors que ces contrats constituaient un moyen pour les habitants d’un quartier de lutter contre les problématiques sociales dont eux-mêmes ont été victimes, les structures locales devront maintenant faire sans pour mener à bien leurs actions.

Jeanne Séguineau

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