L’Allemagne a éliminé la France en coupe du Monde, encore. L’ambiance à Bondy n’est carrément pas à la fête…comme en 14.

Dans l’une des rues du vieux Bondy, il y a un habitant qui possède une Jeep d’époque. Je l’ai croisé à bord de son véhicule en me rendant chez mes parents pour voir France-Allemagne. Il était radieux ce vieux bonhomme, roulant entouré de bâtiments des années 30′, avec aux fenêtres, des drapeaux français qui volent au vent. Pour sûr que ce fondu d’histoire s’y croyait. C’était la Libération dans sa tête. Et peut être aussi qu’il croyait à la libération de la malédiction qui plane sur notre pays depuis 1982.

On peut reconnaitre cette qualité aux fridolins, ils font ça vite, tuer un rêve. En moins de 15 minutes, ils ont réglé notre affaire. deux actions, un but. Dès lors, l’équipe de France a passé son match à courir après une égalisation qu’on a jamais vu. Les Français n’ont pas été mauvais. Ils ont d’ailleurs joué comme les Allemands, avec un jeu carrément fouillis. Mais ces derniers se sont tout de suite mis à l’abri avec leur but blitzkrieg. Pour ma part, j’y ai cru jusqu’au bout. Je me suis dis ça va être comme en 1914, ils commencent par nous faire mal, on contre attaque, ça remet les pendules à l’heure, 4 ans de prolongation où tout devient possible.

Mais là, ils avaient un gardien de but, c’était le mur de Berlin! Il arrêtait tout ce qui passait même les pigeons. Benzema et consort ont tout essayé pourtant, faut leur connaitre, mais même sans le goal, ça manquait un chouille de finition. Ce petit geste, ciselé, peaufiné qui propulse la balle droit dans les buts, faisait défaut. De là à dire qu’avec Zidane ça ne serait pas passé comme ça…Il y en a qui l’ont dit!

L’aventure s’achève pour les Bleus. C’est triste, mais souvenons-nous qu’on s’est qualifié pour ces phases de poule de justesse contre l’Ukraine. Du coup, un quart de finale ce n’est pas si mal. C’est même très bien je trouve. Surtout au vue de l’hécatombe qui a frappé les formations européenne durant ce Mondial. Portugal, Espagne, Italie, Angleterre, ces équipes sont déjà en vacances.

Cette coupe du Monde peut réserver encore quelques belles émotions, même sans la France, les Portos et les Fennecs. Le Costa-Rica qui débarque d’on ne sait où peut mettre quelques grosses équipes à son tableau de chasse. Elle peut même gagner, inchallah.

J’ai beau me consoler avec si peu, le chemin de retour vers la baraque est lugubre. Les rues de Bondy sont d’une tristesse avec leur drapeau tricolore qui flotte au vent sans plus rien vouloir dire. Tout le monde après le match est ressorti acheter du pain ou une brique de lait et en profite pour refaire le match avec les chalands de passage.

Les Bleus sont éliminés, les supporters des Fennecs laissent désormais leurs voisins dormir, plus aucun Portugais ne sort sa voiture relooké au couleur de son pays…La Coupe du Monde est finie.

Idir Hocini

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