Un escalier de fer, un couloir étroit et obscur. Au fond de ce couloir une porte entrouverte d’où nous parviennent les accords d’une musique qui en ce lieu paraît irréelle. C’est le côté obscur de la force… Non ce n’est pas un clip d’IAM, même si ça bouge, rappe et slame dans tous les sens.

Place Publique Junior se poursuit dans la nonchalance et sous le soleil marseillais. Samedi, Karima, collégienne de 14 ans à Clichy-la-Garenne, prend les commandes du Bondy Blog. Nous réfléchissons à un sujet, quand soudain une organisatrice, Karine, vient saluer ma protégée. « T’étais là l’année dernière ? T’étais à l’atelier Slam, non ? – Oui », répond timidement Karima. Karine explique qu’elle a été bouleversée par son texte et que même, « après avoir vu plus de 400 jeunes défiler, je me rappelle ton visage et ton texte ». Aurions-nous recruté une future blogueuse ?

Nous poursuivons tranquillement notre quête de sujets. Karima est attirée par la tente berbère. Nous ne sommes pas dans un salon de thé, mais à l’atelier « La galère de l’orientation ». La demoiselle renonce vite. Nous revoici à l’affût du moindre souffle de vie sur lequel enquêter. Ce sera une interview, celle d’Alice, une volontaire impliquée dans l’organisation du festival. Stylo et papier sont de sorties, la collégienne se lance.

Karima : Vous vivez où ?
Alice : A Marseille, depuis 7 mois.
K : Pourquoi être venue à Marseille ? 
A : Je fais le service civil volontaire. On s’occupe de la logistique. En gros, on a appelé tous les hôtels, les compagnies de bus et les traiteurs de Marseille. 
K : Pourquoi vous avez choisi de faire le SCV ?
A : Pour une expérience de la vie, la découverte et rencontrer les autres. 
K : Et vous allez faire quoi après ?
A : Je sais pas trop encore. J’ai le choix entre les études, le boulot dans l’associatif et la galère.
K : Et le PPJ, ça continue l’année prochaine ?
Karine : L’année prochaine, PPJ ne sera plus national. L’événement se passera en région.

Nous prenons congé d’Alice et commençons la mise en ligne, à côté de l’atelier photos où les jeunes commentent leurs prises de vue. Mais nous voilà interrompues par un journaliste de France 3 pour une interview. Décidément, mademoiselle Karima est une vraie star !

Bouchra Zeroual (au Festival Place Publique Junior)

Photo: Karima interviewant Alice.

Bouchra Zeroual

Articles liés

  • Ici ou là-bas, des lignes meurtrières et des exilés toujours plus stigmatisés

    Alors que les responsables politiques français se font remarquer par un mutisme complice face aux dernières tragédies des exilés, Barbara Allix a décidé de parler de ceux qui se battent pour ces oubliés. Juriste, spécialiste du droit des étrangers, elle est installée à Briançon (Hautes-Alpes) où chaque jour de nombreux exilés traversent la frontière italienne dans les pires conditions. Elle raconte l’envers du décors de cet engagement pour l’humanité. Billet.

    Par Barbara Allix
    Le 30/11/2021
  • Guadeloupe : « On est obligé d’arriver à des extrêmes dramatiques »

    Depuis la mi-novembre, la Guadeloupe est traversée par un mouvement social profond, allumé par une grève des pompiers et soignants face à l'obligation vaccinale de ces derniers. Un mouvement de grève générale qui s'est suivi par des révoltes urbaines, et qui illustre un malaise profond de la société guadeloupéenne et de sa jeunesse face à l'État français. Témoignages.

    Par Fanny Chollet
    Le 26/11/2021
  • Exilés : « La France et l’U.E vous ont laissés vous noyer »

    27 exilés ont perdu la vie le 24 novembre dernier, alors qu'ils tentaient de traverser la Manche, pour rejoindre le Royaume-Uni depuis Calais. Une nouvelle hécatombe, qui devraient mettre la France et l'Union Européenne face à leurs responsabilités. C'est l’électrochoc que voudrait voir Félix Mubenga, devasté et en colère devant des drames qui se répètent. Comme nous tous. Edito.

    Par Félix Mubenga
    Le 25/11/2021