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Dans le métro parisien, on ne sait jamais sur quoi ou sur qui on peut tomber. Ainsi, pour notre sécurité, peut-on croiser soit la police, soit la sécurité de la RATP : les hommes du GPSR. Pourquoi parler de cela ? Tout simplement parce que dans la même journée, j’ai assisté à trois scènes qui m’ont laissé perplexe.

Tout d’abord, cet homme qui est descendu au niveau des rails et qui se met à courir vers la prochaine station. Le trafic est interrompu, et l’homme refait son apparition menotté et accompagné de la police. Pourquoi ? Comment ? Je ne vous en dirai pas plus parce que je n’en sais pas plus.

La deuxième scénette intervient alors que je me trouve dans une rame qui s’arrête à une station. Sur le quai, pas grand monde : juste trois policiers et un homme qui attirent l’attention de tous. Le type est très énervé, invective les représentants de l’ordre et redouble de cris au fur et à mesure qu’il gagne en audience. L’homme finit par monter dans le métro en lançant sur le ton de l’insolence : « Vous êtes vraiment des bouffons ! » Les policiers, eux, ne bronchent pas d’un cil et gagnent une autre rame. Qu’est-ce qui a provoqué les insultes aux policiers ? Surtout, pourquoi ces derniers n’ont-ils pas réagi ? Ça non plus, je ne me l’explique pas.

Enfin, plus tard dans la journée, un clochard assis dans le métro avec sa bouteille : personne n’ose s’asseoir à côté de lui. L’homme, apparemment bien ivre, se met à chanter avec sa grosse voix. Il trouve alors son public au fond du wagon où un groupe de jeunes encourage le ténor. Mis à part la charmante demoiselle qui regarde le clochard d’un mauvais œil, cela n’a pas l’air de nuire aux autres voyageurs. Le métro file donc le long des stations avec en bruit de fond la voix avinée de notre artiste. Quand tout à coup, trois membres de la sécurité du GPSR font leur apparition dans la rame, façon intervention spéciale : ils attrapent le clochard et le sortent violemment. Les jeunes s’écrient alors : «  Il n’a rien fait ! Il ne fait que chanter ! Laissez-le ! » Sur ce, les gros bras se calment et abordent finalement un dialogue apaisé avec l’interpellé. La suite, je n’en sais rien ; la rame s’ébranle et poursuit son chemin.

Voilà comment à partir de trois situation différentes, des personnes peuvent être appréhendées par les forces de l’ordre dans le métro. Un homme arrêté au seul motif qu’il décide subitement de quitter le métro au profit de la marche à pied dans les tunnels, normal ? Un autre qui insulte des policiers mais prend le métro comme tout le monde, normal ? Et ce clochard, secoué par le GPSR parce qu’il a le vin mélodieux, normal ? Non, vraiment, c’est à n’y rien comprendre.

Chou Sin

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