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Et si, avec la guerre en Syrie, le chef de l’Etat s’était trompé de front ? Ne voit-il pas plus loin que le bout de son nez , ou est-il juste un peu myope ? N’est-ce pas d’abord en France qu’il faut faire la guerre ?

Il y a encore quelques semaines, François Hollande jouait à nouveau le chef de guerre en préconisant avec fermeté des frappes aériennes contre le régime de Bachar el-Assad. Il revêtait alors son costume de super-héros, une marinière et un slip kangourou pour faire kiffer Valérie. C’est en tout cas ce que l’on m’a dit dans l’oreillette. Le torse bombé, tel un coq en pâte, le discours va-t-en-guerre bien rôdé et accompagné de captain « Barack O. » America, notre Flamby national voulait constituer son équipe d’Avengers afin de  « punir » le grand méchant Assad.

« Avec l’utilisation d’armes chimiques, du sarin, d’après nos informations, le conflit a changé de nature. On ne peut pas laisser passer ça » ferraillait-il. A la surprise générale, le capitaine a flippé devant Poutine. Dos au mur et sans puissant allié, babar est passé pour une baltringue sur la scène internationale. Qu’il se rassure : il reste toujours de quoi étancher sa soif d’héroïsme. Alors pourquoi ne pas mener sa propre guerre en France ?

Prenons par exemple, cette ville qui se situe dans le sud de la France. Vous savez, là où la vieillesse tire ou pointe pendant que les minots jouent à  « touché-coulé »  avec des balles de kalachnikov. Quinze meurtres commis depuis le mois de janvier dans celle que l’on appelait jadis « le Chicago français » . Avec ces règlements de compte à répétition, il y a certainement beaucoup de méchants dans la nature à punir, de vies humaines à sauver et une population à délivrer de l’enfer. Certes, à Marseille, il n’y a pas de maisons qui pètent sous des obus, pas de snipers présents sur le toit des immeubles et encore moins de gaz sarin qui chatouillent les narines des marseillais. Alors forcément, c’est moins sexy.

Un autre baroud pourrait apaiser les pulsions guerrières de notre Président de la République : l’emploi. Ce combat est fort nécessaire car cela fait un petit moment que le quotidien de mon pote Abdel, et de millions de personnes, fait chambre commune  avec le chômage. Et ça, ce n’est pas du lourd. Ainsi depuis plus d’un an, le Président ne cesse de répéter  par-ci par-là qu’il va donner un coup d’arrêt  à la progression du chômage. Mieux :  il va  « inverser la courbe  du chômage ».  Mais depuis que le capitaine de pédalo est le boss du pays, force est de constater que son optimisme ne se prend que des coups de tête-balayettes par le chômage.

En plus de ces deux principales préoccupations, d’autres champs de bataille, tels que la fiscalité, le pouvoir d’achat, au sein desquels le Président de la République peut soulager ses velléités héroïques.  Pour cela, il est indispensable de délaissez la paille dans l’œil de votre voisin et de regarder la poutre qui encombre le vôtre, Monsieur le Président.

Mohamed K.

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