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Une course nautique sur le canal de l’Ourcq où les baignoires remplacent les bateaux ? Le Bondy Blog ne pouvait pas rater ça. Reportage embarqué de Sabrina Alves (à bord). 

Cette année, j’ai l’immense honneur de représenter les Bondynois (excusez du peu !) lors de l’événement majeur des sports nautiques du 93 : les baignoires de l’Ourcq ! Organisée comme chaque année sur la commune de Pavillons-sous-Bois, je suis venue dans l’espoir de rapporter la coupe de la victoire de notre côté du canal. Je pense avoir toutes mes chances : ne dit-on pas que les meilleurs navigateurs ne savent pas nager ?

Depuis huit ans, c’est le même rituel. L’APJC (Association Pavillonnaise pour la Jeunesse et la Culture) réunit une joyeuse troupe sur les berges vertes fluo du canal. Chaque participant arrive avec sa baignoire, décorée selon le thème de l’année. Pour 2017, le western est à l’honneur. Pour le grand plaisir des yeux (et de nos bouches mortes de rire, faut pas se raconter d’histoires !), des baignoires ont été transformées par leurs propriétaires enthousiastes en saloon ou en diligence. A côté, la mienne, soyons honnête, fait vraiment pitié. Pour seule décoration : un vêtement de rechange utilisé pour boucher un gros trou et une bouteille d’oasis vide comme flotteur. Pas de poids inutile dans ma baignoire : j’ai le sens pratique, je suis là pour gagner !

Pendant que mon binôme va chercher deux gilets de sauvetage – je vous rappelle que je ne sais pas nager – j’attrape au vol Clément Ponty, l’organisateur de l’événement, qui improvise un cours d’histoire pour la néophyte que je suis. « La course des baignoires de l’Ourcq est née à partir des fêtes de Saint-Jean. À l’époque, pendant cette période de l’année, les commerçants de Pavillons-sous-Bois exposaient des baignoires habillées pour promouvoir la devanture de leurs magasins ».

Une centaine de personnes continuent à perpétuer la tradition sur les berges du canal dans la joie et la bonne humeur. Parmi les Indiens, les Cow boys sur échasses, les frères Dalton et les bonhommes déguisés en beauté du French Cancan, des jeunes filles m’encouragent. Comme j’ai appelé mon embarcation la « Bondy Baignoire », elles ont reconnu en moi la championne de notre nation.

5, 4, 3, 2, 1, partez ! Je rame, je rame, je rame… et pas que littéralement. Mon binôme n’est pas du tout synchro ! (De toute façon, c’est toujours de la faute des autres !) Je termine dernière, mais je ne me désiste pas. Rappelez-vous vos cours d’histoire : c’est bien en persistant et en essayant à nouveau que les explorateurs portugais ont fini par franchir le Cap de bonne-espérance. Et de l’espoir, j’en ai à revendre, il coule même à flot !

Après m’être remise de mes performances dignes des Jeux olympiques, je reprends place à bord de ma caravelle, prête à remporter cette demi-finale. Au fur et à mesure que la course avance, Titanic finit par bien porter son nom, Saloon boit la tasse et Cool Apique, coule à pique.

Imaginez-vous qu’à seulement quelques mètres de l’arrivée, les vents me jouent un tour ! Le vêtement de rechange qui bouchait le trou de ma baignoire s’est envolé et l’eau commence à rentrer dans la glorieuse Bondy Baignoire. Je finis 14ème sur 14. Bref, n’est pas Vasco de Gama qui veut… même lorsqu’on est d’origine portugaise. Ce qui compte, c’est d’y avoir participé ! On est comme ça au Bondy Blog !

Sabrina ALVES avec Idir HOCINI

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