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C’est arrivé ! Pour la première fois de ma vie en 17 ans et 10 mois de carrière, j’ai mis les pieds sur un green. En chemin, j’imagine déjà mon swing dévastateur et finir moniteur de golf avant la fin de la journée.

Un terrain séquano-dionysien

J’arrive en trombe et en retard à mon rendez-vous avec la gérante des lieux, Flavie Capitaine (elle porte bien son nom). Le golf de la Poudrerie à Sevran est un golf compact avec de nombreux obstacles d’eau et de bunkers. Son terrain inondable ne peut accueillir de logements au risque de finir comme l’Atlantide.

Un golf qui, pour la petite histoire, n’aurait peut-être pas vu le jour. Au début des années 2000, à cet emplacement, deux projets s’affrontent : la création d’un terrain de moto-cross ou d’un compact (parcours de golf de dimension réduite).

Le conseil départemental, propriétaire des lieux, tranche pour le golf. Les travaux débutent en 2001 et le golf de la Poudrerie ouvre ses portes en 2003. Petite particularité que nous rappelle Flavie Capitaine : « Les trois quart du terrain se trouvent à Sevran mais la boîte aux lettres est à Livry-Gargan ». Bizarre ? Non, séquano-dionysien !

Flavie Capitaine, directrice du Golf de la Poudrerie

Bientôt des tarifs spécifiques adaptés aux habitants des quartiers populaires

J’interroge un premier client (on est là pour travailler quand même). « C’est la première fois que je mets les pieds ici, avance Jean-Jaques. Le terrain avait l’air intéressant et quel meilleur endroit pour faire mon come-back ! » Un retour aux sources pour cet adepte de la discipline, qui a dû déchausser les crampons (oui, les joueurs de golf portent aussi des crampons), il y a de cela 20 ans.

« On attire davantage débutants et intermédiaires que professionnels. Même s’il arrive que certains d’entre eux viennent s’exercer pour des exercices spécifiques, explique la boss. Concernant l’origine de nos clients, une grande partie est issue du 93, mais on trouve aussi des personnes du 77 et un peu du 75″. Les prix paraissent abordables, « parmi les moins chers d’Île-de-France », précise Flavie Capitaine. D’ici septembre 2018, il existera des tarifs adaptés aux habitants des quartiers dit « de la politique de la ville ». Ces tarifs visent justement les habitants aux revenus modestes.

120 enfants en école de golf

Le golf est ouvert à tous, et donc notamment aux plus jeunes. Les enfants ont un programme adapté spécialement pour eux : Baby golf pour les 3-4 ans et Kids golf pour les 5-6 ans. « 3 000 scolaires viennent chaque année ur le golf, notamment entre octobre et novembre, décrit Axel, 20 ans, moniteur sur le site. Puis en avril, nous nous déplaçons dans les classes afin de donner un cours particulier aux élèves et enseignants. Enfin fin mai, toutes les classes reviennent et nous organisons des petites compétitions entre élèves ».

Le golf compte aussi près de 120 enfants en école de golf (ouverte dès l’âge de 7 ans), ce qui n’est pas négligeable pour une structure de cette taille.

« Le swing de ma vie ! »

Il est maintenant 15h30, Souad, hôtesse d’accueil me donne un club : « Tu as déjà fait du golf ? » Réfléchis Amine, si tu dis « oui » tu vas sur le grand parcours au risque de mettre 10 ans à faire un seul trou (je rappelle qu’il y en a 9) et de créer un énorme bouchon avec les autres golfeurs. Si tu dis « non », tu restes cantonné sur le petit terrain et sur l’aire de lancer. Bien évidemment, je confesse n’en avoir jamais fait. Quinze minutes plus tard et après quelques étirements, je m’engage sur l’aire de lancer. Jambes légèrement fléchies, bras tendus, regard lointain : je suis prêt. Les épaules vers l’arrière, le bassin tangue, je lâche tout. Je viens de faire le swing de ma vie. Je ne vois pourtant pas la balle au loin, ni même en l’air. Mais où a-t-elle pu bien aller ? J’y ai mis toute ma force, toute mon envie et… elle n’a pas bougé. Quel affront ! Aucun problème, je tente ma chance une deuxième fois. Puis une troisième, une quatrième… Sans succès.

À côté de moi, un petit garçon d’une dizaine d’années, plutôt doué, pratique accompagné de sa grand-mère. Je lui demande quelques conseils (don’t judge me, please !). La légende dit que Tiger Woods en personne est venu me donner un coup de main et m’a même proposé un poste de caddie (c’est la personne qui porte le sac du joueur, le conseille et l’assiste moralement).

Ce qui compte le plus reste d’avoir participé et de s’être amusé. On est comme ça au Bondy Blog !

Amine HABERT

Crédit photo : Manon Caveribère

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