La rentrée est arrivée très vite, comme tous les ans, au grand désespoir des écoliers. Les vacances sont malheureusement finies et dans les rayons des supermarchés on le voit bien. Adieu les parasols et chapeaux de paille, place aux classeurs, feutres et colles. C’est parti pour la corvée annuelle qui plombe l’ambiance des vacances. Il est l’heure de remplir le caddie, qui coûte de plus en plus cher. Certains trouvent ça amusant et excitant, d’autres trouvent la virée beaucoup plus ennuyeuse.

A un certain âge, on veut avoir des fournitures de marque pour frimer devant les copains : c’est donc la bataille avec les parents qui eux ne sont pas forcément de cet avis. A l’école primaire on veut un cartable Cars ou une trousse Hello Kitty, mais ça a un certain prix. Au collège on monte d’un cran et on se penche plutôt sur des marques sportives telles que Nike, Adidas ou Airness. Les prix eux-aussi montent d’un cran. Pour le plus grand bonheur du porte-monnaie des parents. Au lycée, on se moque complètement des fournitures scolaires, que le stylo bic bleu soit un Reynolds ou un Monoprix, du moment qu’il fonctionne c’est l’essentiel. Mais tout cela est calculé : c’est parce qu’on préfère privilégier notre garde-robe qu’on ne renouvelle jamais assez.

Mais si il y a une chose sur laquelle personne ne fait l’impasse, à n’importe quel âge, à n’importe quel prix, c’est bien L’agenda ! Vous remarquerez d’ailleurs qu’au rayon agenda, il y a toujours du monde qui tourne les pages, regarde l’épaisseur de la couverture et la mise en page. L’agenda n’est pas un achat anodin.

On commence par le classique cahier de texte, avec les jours de la semaine à droite qui dépassent de la couverture. On se rappelle tous de la belle tenue de ce cahier : les traits rouges tirés à la règle, des petits cœurs sur les « i ».

Ensuite à l’entrée du collège on innove avec un agenda. D’un coup on se sent plus grand parce qu’on tient un agenda comme les adultes, il n’y a plus besoin d’indiquer la date, c’est magique il suffit de tourner les pages au jour le jour. A cet âge là, comme dirait un dessin-animé « il en faut peu pour être heureux ».

On a tous commencé par un agenda Titeuf, c’est un peu le classique. Et ensuite les goûts s’affinent selon la personnalité de chacun : il y a les agenda girly à fleurs roses, d’autres plus simples aux couleurs pastels, ceux de foot ou de basket, ceux de guerriers, ceux avec les héros de dessins-animés… A chacun ses goûts, mais il faut surtout qu’ils soient dans la tendance de l’année, qu’ils correspondent à notre tranche d’âge. Généralement pour répondre à tous ces critères, il ne faut pas se rabaisser aux plus discounts. Si on voit que les parents ne cèderont pas, il y a toujours une solution : customiser son agenda en découpant des coupures de magazines pour les coller sur la couverture, et le tour est joué. Mais avant d’arriver à ce stade de bricolage il faut bien négocier avec maman.

A la rentrée, on est tout content de noter ses devoirs, ce qui ne dure pas quand on voit que les pages se noircissent au fur et à mesure des semaines. En fin d’année, il y a les mots que les filles (et parfois même les garçons) se notent sur les pages non utilisées comme « C’est triste c’est la fin de l’année mais on se retrouve l’année prochaine ! Trop bonne année à tes cotés, t’es au top j’espère qu’on va déchirer l’année prochaine ! » Ou encore cette pépite que j’ai retrouvée au fond du placard : « Hey Sarah faut d’abord que tu saches que ton agenda est trop moche, comme mon écriture, bref pour 2012 tâches d’en prendre un bien! A part ça t’es une personne florissante de bonheur haha, merci d’avoir rigolé à mes blagues pas toujours marrantes… »

C’est pour ces petits souvenirs que je collectionne tous mes agendas dans un coin de ma chambre. Vous comprenez donc pourquoi l’achat de l’agenda est si symbolique !

Sarah Ichou

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