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Moi plus tard, je voudrais être ingénieur. C’est avec cette phrase dans la tête que beaucoup de jeunes, passionnés par l’informatique et l’électronique, ont commencé leur parcours universitaire. Le mien ne déroge pas à la règle. De fait, l’idée d’être ingénieur était selon moi, une chose assez formidable de par la grandeur du métier et le respect qu’il inspire lors de son évocation. Le salaire mensuel qui en découle n’en est pas moins une autre source de motivation pour emprunter cette voie.

C’est entre les murs d’un Institut Universitaire de Technologie connu et reconnu, que ma formation universitaire débute. Je m’y arme d’un DUT GEII et m’en vais à l’assaut de mon rêve : être ingénieur. Pour y parvenir je me vois obligé de réussir le concours d’entrée en école d’ingénieur. Cette dernière étape est franchie.

Deux choix s’offrent alors à moi : intégrer une école d’ingénieur en formation continue, solution souvent payante, ou aller dans une école en apprentissage. Pour moi, fils d’ouvrier, dont les parents connaissent parfois des fins de mois difficiles, ce sera la voie de l’apprentissage. Ce choix me permettra de fréquenter une école de bonne qualité et d’éviter le stress de l’endettement puisque je n’aurai pas à souscrire à un prêt étudiant. Un apprenti ingénieur est un peu payé.

Commence alors un parcours du combattant. Dans cette bataille, mon CV et ma lettre de motivation, recorrigés à maintes reprises par divers conseillers ou autres experts en recherche d’entreprises, feront office d’alliés.

Ma stratégie de recherche est assez simple. Envoyer une vingtaine de candidatures par jour à différentes entreprises du secteur de l’informatique et de l’électronique. Startup, PME, grands groupes, peu importe, je prends tout. Ma chance fera le tri entre « bon » et « mauvais » poste.

Toutefois, après des mois de recherche, plusieurs centaines de candidatures sans succès, et une  vingtaine de mails type « votre formation et votre expérience on suscité tout notre intérêt, cependant nous ne recrutons pas d’apprenti », la mission « trouver un poste d’apprenti au sein d’une entreprise » s’avère insurmontable à mes yeux et cette idée prospère de plus en plus au sein de mon esprit. Un esprit tourmenté d’une part, par la rapidité à laquelle le délai fixé par l’école approche et d’autre part par la facilité avec laquelle mes camarades de classe, pistonnés par un membre de leur famille, ont su trouver une place au sein de grands groupes.

Plus dur sera mon combat, plus belle sera ma victoire devient alors un leitmotiv auquel je m’accroche désespérément. Sauf que dans mon cas, la réussite ne se présentera jamais au bout de ce long tunnel, infesté de refus. Dès lors, je dois me rendre à l’évidence. Je ne goûterai pas à la joie d’intégrer une école d’ingénieur cette année.

Un temps miné par le désespoir,  je me ressaisis bientôt et réponds à une offre d’emploi. Après quelques échanges de mails, un entretien est rapidement fixé avec l’employeur.  Après une heure  d’échanges  avec mon interlocuteur, celui-ci visiblement convaincu par mon profil m’annonce que j’ai décroché le poste. S’ensuit alors une scène de jubilation que je ne saurais décrire.

Dorénavant lorsqu’une personne me questionne sur mes activités,  je réponds fièrement : « je n’ai pas trouvé d’école d’ingé, mais du coup je taffe ».

Mohamed K

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