Que je m’en vais. Je sais, les autres sont restés plus longtemps et je triche en ne faisant pas ma semaine complète, mais que voulez-vous, j’ai des enfants, dont il faut que je m’occupe un peu, quand même. Je laisse deux ou trois choses en suspens. J’ai notamment beaucoup d’éléments sur la réussite scolaire et professionnelle des filles. Je garde ce sujet pour l’édition papier de L’Hebdo. Je sais que les Français ne peuvent pas l’acheter, alors j’essaierai de négocier avec celui qui sera aux commandes du blog pour pouvoir le mettre en ligne quand même.

Reste aussi la suite de mes aventures avec les élus du FN – un bloggeur m’a transmis des coordonnées, et je suis toujours intéressée par un entretien. Je vais demander à mon successeur de reprendre le flambeau; s’il ne peut pas, j’appellerai depuis la Suisse.

Ce poste a suscité nombre de commentaires, et j’aimerais tout de même apporter quelques précisions sur notre présence à Bondy; certains semblent en effet penser que nous sommes sous influence.

– L’idée de s’implanter quelques mois en banlieue française vient de la rédaction de L’Hebdo. Personne ne nous a invités ou payés pour venir.

– Le choix de Bondy s’est fait un peu au hasard.

– Les journalistes qui viennent ici sont volontaires, membres salariés de la rédaction de L’Hebdo, et ne reçoivent aucune compensation financière autre que leur salaire mensuel.

– Aucun n’a de lien avec un parti politique de Bondy, ni n’a reçu d’argent pour défendre ses intérêts.

– Le journaliste qui tient le blog jouit d’une liberté totale aussi bien pour le choix des sujets que pour leur traitement. Personne, ni l’éditeur, ni le rédacteur en chef, ni un chef de rubrique, ne relit les textes mis en ligne. Personne, donc, ne peut orienter leur contenu.

– L’Hebdo appartient à un éditeur suisse, Michael Ringier, qui n’a aucune activité politique en France. L’Hebdo n’est l’organe d’aucun parti.

J’ai noté qu’il était désormais de bon ton faire des adieux pathétiques à Bondy. Je vais pour ma part me distinguer par une certaine sobriété.

Merci à:

– ma logeuse

– toutes les personnes qui ont accepté de me parler

– les jeunes de Blanqui, qui ont tous et toujours été d’une politesse exquise avec moi

– les jeunes du local, qui m’ont cédé l’ordinateur quand j’en avais besoin, alors pourtant qu’ils cherchaient « des renseignements sur les motos » sur Internet (à Bondy, les motos sont blondes à forte poitrine)

– Mimi et Radouane, pour leur aide précieuse

Sonia Arnal

Sonia Arnal

Articles liés

  • L’urgence d’apprendre à nager en Seine-Saint-Denis

    Dans le cadre de l'opération "savoir-nager", quatre bassins éphémères vont se relayer tout l'été dans différentes communes de Seine-Saint-Denis pour enseigner la natation dans le département le plus carencé en infrastructure, où un élève sur deux ne sait pas nager en entrant au collège. Reportage.

    Par Meline Escrihuela
    Le 28/07/2021
  • La solidarité sur tous les champs à Villetaneuse

    #BestofBB À Villetaneuse, les générations se mêlent autour des potagers solidaires et du cinéma. L'association l'Autre champ et le collectif du Ver Galant organisent des distributions de fruits et légumes, des ateliers jardinages, des séances de cinéma pour faire éclore le lien social dans cette période de pandémie. Reportage.

    Par Eva Fontenelle
    Le 27/07/2021
  • Des jeunes surendettés à cause des amendes du couvre-feu dans les quartiers

    Des familles entières se retrouvent endettées à cause de salves de contraventions liées aux mesures sanitaires. Des associations dénoncent un « phénomène d’ampleur grandissante » et « une application disproportionnée et discriminatoire des mesures ». Une enquête en partenariat avec Mediapart.

    Par Anissa Rami
    Le 26/07/2021