C’est très émue que Patricia Rivière, présidente de l’association « Libre Terre des Femmes » a reçu la première édition du prix de l’engagement pour les banlieues décerné par l’ANRU et la Fondation Agir contre l’Exclusion (FACE). « C’est une opportunité extraordinaire pour notre association. Vous aidez vraiment les jeunes filles des quartiers ». Lauréate du prix « Innovation sociale », Patricia Rivière a mis en place un atelier photo « Jouets-vous » à destination des enfants dès leur plus jeune âge. « Les enfants sont conditionnés dès tout petits à leur genre. Notre objectif est de lutter contre le sexisme et faire passer le message qu’hommes et femmes sont égaux. Actuellement localisée dans le 19e arrondissement parisien et parrainée par GDF Suez, Libre Terre de Femmes espère pouvoir diffuser son projet grâce aux 20.000 euros offerts avec le prix pour l’engagement pour les banlieues.

Trois autres lauréats ont chacun reçu 10.000 euros pour le développement, selon les mots de Jacques Attali, président de PlaNet Finance, « de projets passionnants qui peuvent grandir, soit parce que c’est un concept qui peut se répliquer ailleurs ou une entreprise qui peut elle-même grandir ». Le prix « Impact territorial » a été remis à l’association Kygel Théâtre qui travaille sur Sevran et Aulnay-sous-Bois essentiellement. « Banlieues en héritage(s) », porté par le président Karim Yazi, est un projet artistique et culturel sur la mémoire. « C’est un vrai engagement citoyen de notre part depuis longtemps. Le travail sur la mémoire est très important parce que dans les quartiers difficiles, certains jeunes ne savent plus d’où ils viennent. Cela pose des problèmes d’identité. »

Choisie par Dexia, Service plus est la régie du quartier Limeil-Brévannes. L’association a pour objectif de créer une épicerie solidaire, « ouverte à tous », précise son président, Stéphane Bayet. « Je précise « à tous » parce que nous ne voulons pas stigmatiser une population. Cette épicerie sera solidaire parce qu’elle favorisera les circuits courts et permettra la création d’une vingtaine d’emplois. »

Enfin, le quatrième lauréat récompensé du prix « Coup de cœur » est la Pépinière Mathis dans le 19e arrondissement de Paris, parrainée par l’Acsé. « Notre but est d’accompagner des projets associatifs et de permettre à de jeunes associations de s’implanter ensuite », précise Sabrina Ring de la Pépinière Mathis. A l’issue de cette remise de prix, Gérard Hamel, président de l’ANRU, a tenu à souligner l’implication de l’ANRU : « Il n’y a pas de réussite possible, inscrite dans le temps, si l’ANRU n’est pas associée à une action associative elle aussi inscrite dans le temps ».

Sophie Noachovitch

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=EZ7cjxuD-ko&feature=player_embedded[/youtube]

Articles liés

  • À Paris, la Modest Fashion fait le show et s’engage

    Pour la première fois en France, un événement dédié à la mode pudique a vu le jour. Organisé par l’agence et média Modest Fashion France, l’événement « Modest Fashion Summer Session » s’est déroulé du 7 au 8 mai 2022. Étoffes chatoyantes, clientes enjouées, talks à thèmes et défilés étaient au rendez-vous. Retour sur un événement aussi stylé que politique.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 16/05/2022
  • Aux Pavillons-sous-bois, des mois sans anglais ni histoire pour des troisièmes

    Au collège Anatole France, aux Pavillons-sous-Bois, pendant des mois certains élèves de troisième n'ont pas eu de professeur d'histoire-géographie, ni d'anglais. Alors même qu'ils et elles préparent le brevet. Une situation chaotique que beaucoup d'établissements dans le département de Seine-Saint-Denis ne connaissent que trop bien. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 11/05/2022
  • Objections, des poèmes pour raconter les comparutions immédiates

    Le 15 avril est paru Objections, Scènes ordinaires de la justice, un livre de l’historien et poète, Marius Loris Rodionoff. Il y raconte en poèmes les comparutions immédiates auxquelles il a assisté entre 2015 et 2019, dans les Tribunaux de grande instance de Paris, Lille et Alençon. Un livre percutant dont les portraits qui s’enchaînent nous montre la misère sociale et la violence de cette justice ordinaire qui condamne et emprisonne chaque jour. Critique.

    Par Anissa Rami
    Le 10/05/2022