Tout à commencé lundi soir alors que j’étais dans le RER. Gare de Noisy-le-Sec, 19h30 : je rencontre un ami et quelques secondes suffisent pour que la discussion démarre sur le sujet phare du moment. Le plan banlieues ? Le mariage de notre président préféré ? Rien de tout cela, nous parlons bien sur de la Coupe d’Afrique des nations !

Après quelques vannes sur l’Algérie (mon pays d’origine) qui ne joue toujours pas la CAN, alors que des ténors comme la Zambie ou la Namibie y participent, Alain me parle du Cameroun, le pays de ses parents, qui joue le lendemain contre l’Egypte et qu’il soutient, bien évidemment. Le RER poursuit sa destinée, de plus en plus de gens lèvent la tète et prêtent une oreille à notre conversation. Un voyageur s’approche et prends part au débat, lui aussi est camerounais et pronostique une victoire de son équipe. Puis c’est une deuxième, une troisième personne, enfin une bonne partie du wagon qui se mêle à la discussion.

La CAN est un évènement majeur pour de nombreux Africains et plus largement, pour beaucoup d’amoureux du football. La folie CAN s’amplifie, et ça se trouve, peut-être même plus en région parisienne qu’au Ghana, pays organisateur de la compétition cette année. Que ce soit dans les transports, au travail, à l’école, la CAN est partout.

Au lieu de vivre un match tranquillement posé chez moi, j’ai décidé de faire une plongée dans l’ambiance. Je voulais voir un match dans un foyer de « jeunes » travailleurs. Mercredi soir, 18 heures, direction Montreuil, près de la rue de Paris où j’espère trouver une bonne ambiance. Ce soir sur Eurosport, c’est Tunisie-Sénégal. J’entre dans le foyer à la recherche d’une retransmission, malheureusement le foyer n’en diffuse aucune ce soir-là. Je me dirige donc vers la rue de Paris toute proche. En passant devant un bar, je vois un rassemblement d’hommes scotchés à la télévision. J’entre aussi afin de voir la partie.

Il y a beaucoup de monde, des Sénégalais, des Tunisiens mais aussi pas mal de gens venus voir un bon match : des jeunes, des beaucoup moins jeunes, tout le monde s’entend bien, se charrie entre deux actions. Le match se termine sur 2-2, chaque but aura crée une explosion de joie chez les supporters.

A la sortie, je rencontre trois spectateurs, André, Jonathan et Alexandre : un Sénégalais, un Ivoirien et un Français. Pour eux, la CAN est la dernière compétition où les équipes se donnent à fond sans calculer, contrairement à la Coupe du monde où à l’Euro, tournois dans lesquels ils n’y a plus de surprise. Tandis qu’avec la CAN, tout est possible. Ce soir André, Jonathan et Alexandre soutenaient le Sénégal mais ils suivent tous les matchs et supportent l’équipe qui offre le plus de jeu.

La Coupe d’Afrique des nations ne se déroule donc pas uniquement au Ghana, vous pourrez la vivre dans beaucoup de bars de la région parisienne, où il règne une ambiance exceptionnelle.

Fethi Ichou

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