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Difficile de trouver des habitants de quartiers aux Jéru, premiers concernés par le Plan de rénovation urbaine (PRU). Après quelques recherches, nous avons croisé Mahmadou Nieng (bailleur social de Mantes- Yvelines Habitat – MYH) et Rachid Aboulharjan (entrepeneur d’une société de location de voiture et de téléphonie mobile dans la ville). La rénovation urbaine, ils s’y intéressent de très près. « Il y a beaucoup de retard » constate Mahmadou Nieng qui a un avis mitigé sur le PRU. « Il y a eu des rénovations, des destructions d’immeubles à Mantes-la-Jolie », ajoute le bailleur d’un air  à peine convaincu. « Cela n’a pas répondu aux objectifs des habitants. Les gens qui ont les moyens d’acquérir ne sont pas les habitants de quartiers », affirme-t-il. « Le positif en revanche, c’est la charte insertion qui prévoit d’embaucher des jeunes issus des quartiers ZUS », se réjouit le jeune bailleur.

Rachid Aboulharjan a grandi dans le quartier Les Garennes, un quartier d’environ 4 000 habitants situé au Val Fourré. Le Val Fourré inclut lui-même plusieurs quartiers populaires.  Près de 25 000 habitants y vivent sur les 45 000 résidents de Mantes-la-Jolie. « La rénovation urbaine a « dédensifié » les quartiers, ce qui est positif », raconte cet entrepreneur de 35 ans. Depuis la rénovation urbaine lancée par l’ANRU, le Val Fourré est passé de 32 000 habitants à 25 000. Pour autant, Rachid Aboulharjan reste dubitatif sur la rénovation urbaine menée dans sa ville.

En ce qui concerne les côtés négatifs, l’entrepreneur ne mâche pas ses mots. «La règle du un pour un n’est pas respecté », s’inquiète-t-il. Le programme de rénovation urbaine (PRU) prévoit qu’un logement détruit déclenche la construction d’un autre. Or, il constate que dans la réalité ce n’est pas le cas. La rénovation urbaine, il la voit comme «un ravalement de façade, les quartiers se sont embellis mais la population n’a pas changé ». C’est même « une coquille vide, juge-t-il. La mixité sociale n’a pas été faite, la rénovation a même conforté un certain communautarisme. »

Le sondage CSA publié ce matin dans Le Parisien concernant le ressenti des habitants des quartiers sur la rénovation urbaine, le laisse perplexe. Sept personnes sur dix approuveraient le PRU. « Moi je fais partie des 3 sur 10 ! 3% des gens ne comprennent pas le français, ils ne savent pas lire. La population est docile malgré les campagnes d’informations, parfois mal ciblées. Elles devraient être reliées par des acteurs sociaux proches du terrain.»

Rachid Aboulharjan est venu accompagné aujourd’hui, avec des élus associatifs et d’habitants que l’on peine à trouver dans le salon. « C’est très révélateur de la situation, explique Rachid, qui décide finalement ? Ce sont les politiques, les énarques, nous nous subissons ! » Pour cet entrepreneur « rénovation sociale rime avec mixité sociale ». Pour l’instant, pour lui, cette devise n’est pas d’actualité.

Imane Youssfi

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