Jeunes gens, vous qui passez aujourd’hui ce rituel, vous qui contemplez chaque matin le regard anxieux de votre mère qui vous voit déjà médecin; vous qui pensez que c’est la fin du monde en cas d’échec ou que la panacée vous attend si le mot admis apparait en face de votre nom en ce jour de grâce, quelque part en juillet, sur un tableau à la sortie du lycée; méditez sur l’expérience des anciens avant de stresser plus que de raison ou au contraire, de jouer au foot au lieu de réviser. Si on prend l’exemple de mes camarades de première et de terminale, on voit qu’avec ou sans le bac la réussite peut trouver son chemin. Deux classes au profil bien différent : la 1S1 a joyeusement passé l’année a ruiné la réputation d’excellence qu’on donne aux classes de scientifiques en copiant le collège fou fou fou ou les soudoués passent le BAC. La TS2 au contraire est un modèle du genre, la stratégie bien rodée des élèves qui s’y trouvent fait encore une fois la preuve de son efficacité : prendre allemand ou latin en option vous assure de tomber dans les meilleures classes.

J’ai croisé la route de ses petits génies non pas parce que j’ai pris Teuton en deuxième langue. Mais grâce à l’option physique chimie que j’ai prise au bac, Il n’y a pas de secret, tu travailles tu réussis : après le lycée tous en prépa ou pratiquement. Faut dire qu’on ne leur faisait pas le coup de l’orientation bidon à eux : dentiste, médecin, pléthore d’ingénieurs, deux personnes sorties d’écoles prestigieuses; les mines et polytechnique. Et en 1S1 alors ? On a bien quelques personnes qui ont fait prépa après le BAC, mais la majorité de ceux qui ont décroché « le Graal » sont allés en université. Quand à la forte minorité qui n’a jamais eu le précieux diplôme, ils se sont retroussés les manches pour la plupart. Nous avons un chef d’entreprise, spécialisé dans l’import export, un restaurateur plein au as, et plusieurs personnes qui se sont recyclées dans l’informatique via des centres de formation. Ceux qui sont allés en fac, ça a fait un peu TOZ ! (prout en arabe). Je crois qu’il y en a un qui a réussi à être prof, les autres ils galèrent un peu, malgré des masters d’économie, de biologie, de physique chimie ou d’histoire. Il y a bien un futur président d’Algérie potentiel, mais il n’a pas trop le temps d’y penser en ce moment, avec tout le travail qu’il a sur ce blog. Tout ça est le résultat de 80 % d’une classe d’âge au niveau bac, on ne sait pas quoi en faire après. On préfère les laisser continuer à étudier jusqu’à ce qu’ils se rendent comptent que leur filière est bouchée. Après rien n’est absolue, c’est possible, d’être prof de français avec de la volonté, vous ferez peut être parti des 14 % d’admis à l’examen du CAPES.

Le bac c’est le sésame de toutes les ambitions, mais ne pas l’avoir ne vous mènera pas forcément à l’indigence, autour de moi les exemples foisonnent de non bacheliers qui se font lécher les bottes par leur banquier. Après si vous vous passionnez vraiment pour la crise des iconoclastes aux Provinces Unies au XVI siècle, je dis tout de suite, la fac vous promet un diplôme, pas à manger. Ceci dit, si vous savez vous orienter convenablement, là c’est différent, le droit et médecine restent des bons placements. Moralité : bac ou pas bac, rien n’est gagné, et surtout, rien n’est perdu. Bonne réussite à tous.

Idir Hocini

Idir Hocini

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