Trajet de bus dévié, foule, voitures mal garées : voilà ce qui arrive chaque jour de marché, dans le quartier des 3000 à Aulnay-sous-Bois (93), et plus particulièrement le dimanche. En semaine, c’est un peu plus calme. Les gens travaillent, les enfants sont à l’école. On peut circuler plus facilement entre les étales, se balader au milieu des commerçants qui crient tout haut la qualité de leur fruits et légumes.

On y trouve un peu de tout, dans ce marché mi-couvert mi-à ciel ouvert : des fruits et des légumes, des épices, du prêt-à-porter féminin, de la lingerie, des tissus brodés à la façon orientale, des vêtements pour homme et de la marque qui plaît aux plus jeunes. Des boutiques proposent leurs services et produits : coiffeur, café, épicerie, boulangerie, pharmacie, bazar, grec et j’en passe ! C’est quasiment un centre commercial.

Et le dimanche c’est de la folie ! « Il y a trop de monde le dimanche ! On se gare très mal car il n’y a pas de place, raconte une jeune fille. Je gare ma voiture et j’attends ma mère à l’intérieur. » Certains font le tour du quartier (pour ne pas dire le tour de la ville) afin de trouver où stationner.

Une atmosphère dynamique règne dans ce marché. Faire un pas sans être interpellé par un commerçant relève de l’impossible. On négocie les prix. Cette femme essaie de faire baisser le coût de son achat à un marchand de tissu : « Ce n’est pas le prix que vous m’avez dit tout à l’heure ! 10 euros c’est bon ? » Dans cette ambiance de bazar, difficiel d’éviter les bousculades et les chamailleries : pas de place pour passer, quelqu’un se prend les pieds dans le cadi d’un autre, et c’est parti !  Mais d’où vient tout ce peuple. « De très loin, dit un commerçant qui vante ses tissus en provenance de Dubaï. Il y en a même qui viennent de Lille, de Creil. » Ce commerçant semble dire à voir le nombre de personnes qui attendent le bus pour se rendre aux deux gares RER, celle d’Aulnay et celle de Villepinte, à cinq minutes à pied.

Les habitués accourent des villes limitrophes, Sevran, Villepinte ou Le Blanc-Mesnil. « Le marché de Sevran est juste à côté de chez moi, mais quand je viens aux 3000 ce n’est pas pour acheter des fruits ou des légumes, c’est pour acheter quelque chose de particulier », explique une dame. Le bouche à oreille fonctionne bien, d’où le succès de ce temple de la consommation.

Si certains sont émerveillés par ce lieu, d’autres le sont moins, voire pas du tout. « J’habite à deux minutes et je n’y vais jamais. Il y a beaucoup trop de monde et faut dire que le marché, c’est pas mon truc », affirme un jeune homme que la déambulation serrée parmi les stands enfiévré n’attire pas. « Mais tant mieux s’il y en a qui aiment cet endroit », ajoute-t-il.

Imane Youssfi

Imane Youssfi

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