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Dimanche 23 octobre 2011 : un grand jour pour le rugby français et pour ma famille estampillée « XV de France ». Aujourd’hui, on oublie la grasse mat’ et la nonchalance. Dès 9h30 c’est rendez-vous devant la télé. La table du petit déj’ est dressée, chaque membre est un peu à côté de la plaque, l’un boit son lait sans un mot, l’autre déguste son jus d’orange devant le stade rempli de l’Eden Park. 10h : la messe commence, tout le monde est définitivement éveillé.

Souvent critiquée par la presse étrangère et la nôtre, l’équipe de France a aujourd’hui quelque chose à prouver à ses supporters. La famille « XV de France » est scotchée devant l’écran et ne le lâche pas d’un œil. La Marseillaise résonne dans le stade et dans le salon, les premiers frissons se ressentent. Et comme si on y était, une boule au ventre s’installe au fur et à mesure que les minutes avancent.

Le moment du fameux Haka arrive, on tremble? On a peur? Même pas en rêve… Au contraire, on fait face en formant un « V » ( le « V » de victoire? ) Et même si on sait que la « marée noire » est chez elle et qu’elle donnera tout pendant 80 minutes, le « V » tricolore s’avance avec envie.

Le coup d’envoi est donné sous un tonnerre d’applaudissements alors qu’à la maison on se précipite sur le canap’, à l’aise, à la cool… On se « chuuuut ». Dès les premières minutes, la France domine, on ne lâche pas le ballon des yeux et le canapé subit des coups qu’il n’oubliera pas. À la quinzième, on déchante un peu. Une bonne technique néo-zélandaise sur la touche à 5m de la ligne et c’est le premier essai de cette finale qui s’établit.  » Mais d’oú il est sortit » se questionne-t-on a la maison ? On se tire les cheveux jusqu’à la transformation qui ne passe pas.

On a de la chance, les Blacks ne sont pas bons au pied ce soir. Le match continue, le ballon tourne, on multiplie les fautes mais le pied est toujours carré pour Piri Weepu. On ne va pas s’en plaindre au contraire, on sent la « marée noire » en difficulté et c’est pourquoi au bout de la 30eme minute, on se lève tous du canapé pour suivre la course de François Trinh-Duc. Mais le ballon ne franchira pas la ligne.

Les deux numéros 10 sont « out » en première mi-temps, on a mal pour le retournement de genoux de Cruden mais ça nous rassure. 40eme minute, on se regarde en se demandant quand va-t-on aller au bout ? C’est la mi-temps, le ventre est dénoué.

La reprise est rapide, on en attend beaucoup, tout le monde est revenu sur le canapé, on se re »chuuut » pendant 40 minutes. Et soudain à la 48 ème minute, ça y est, on y est presque : sur une faute Black on aplatit enfin ce ballon ovale à l’image du capitaine Thierry Dusautoir. Son premier essai dans cette coupe du monde, signe d’ambition chez nos coqs. On saute, on crie, on sent une belle ferveur chez le XV. Les voisins ont l’habitude, on en profite pour faire du bruit. L’essai est bel et bien finalisé par une transformation qui passe pour nous. Mais il reste 30 minutes : Ne rien lacher !

En attendant la fin du match, on gueule sur l’arbitre, la bête noire de la rencontre. Il ne siffle aucun hors-jeu des blacks, les joueurs comme les supporters ont les bras levés vers le ciel en signe de désespoir et de désillusion. Enfin, une pénalité de sifflée pour nous, une occasion de prendre l’avantage mais cette dernière est loupée par François Trinh-Duc. Les minutes avancent et les visages de la famille « XV de France » commencent à se raidirent. Plus de sourire, plus de cris de joie, nous sommes à la 79ème minute et les Blacks jouent, en gros professionnels, le chrono. Peine perdue nous ne récupèrerons pas le ballon, la touche est trouvée, le match est terminé.

La Nouvelle-Zélande est championne du monde. Score final : 8-7, à un point de la victoire, les bleus sont déçus et à la maison, on reste fixé à la télé en se demandant ce qui a bien pu se passer pour qu’on loupe cette pénalité qui aurait pu nous donner l’avantage jusqu’à la fin. Malgré tout, tenir physiquement face aux Blacks aujourd’hui est un bel exploit. L’émotion se fait tout de même sentir lors de la remise des médailles.

Nous savions que ça allait être dur,  mais au vue de leur performance à Auckland on commençait à y croire, car c’est quand l’équipe de France est considérée comme « outsider » qu’elle est la meilleure. Le livre est définitivement fermé, la France finit 2ème de cette coupe du monde malgré un parcours semé d’embûches. Merci le XV !

Jessica F.

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