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Dans Les Hommes libres d’Ismaël Ferroukhi, Tahar Rahim, acteur  remarqué dans Un prophète,  joue le rôle de Younes, un immigré algérien dans Paris pendant la Seconde guerre mondiale. L’immigration maghrébine ayant  commencé au début du XXe siècle, quelques milliers de Nord-Africains, en majorité kabyles, vivaient dans la capitale sous l’occupation.

La mosquée de Paris était un des principaux lieux de rassemblement pour cette communauté. Elle est au centre du film, puisqu’elle elle sert  de refuge à des juifs persécutés, grâce à l’action de son recteur Si Kaddour Benghabrit joué par Michael Lonsdale.  Il délivra de faux documents d’attestation d’ « islamité » à des juifs pour les protéger de la barbarie nazie.

Dans le film, le réalisateur met en scène l’histoire vraie de Salim Halili, chanteur algérien et juif, joué par Mahmud Shalaby. Il fait la rencontre de Younes qui vit du marché noir. Ce dernier est au départ  un informateur de la police. Celle-ci lui propose de collaborer, en échange de quoi, elle ferme les yeux sur son trafic. S’il refuse, le jeune homme doit  faire un grand tour en prison.Younes oublie petit à petit sa mission de collabo et  se lie d’amitié avec le chanteur qui se fait passer pour musulman.

Salim fini par être arrêté par les Allemands, tout proche de démasquer le chansonnier juif. Il sera sauvé de justesse grâce  au recteur de la mosquée qui lui avait donné tantôt un précieux conseil : s’il se fait arrêter, il doit  dire que son père est enterré dans le carré musulman de Bobigny. Lorsqu’il est emmené dans le 9-3 par les nazis, Salim trouve en effet son nom de famille gravé sur une pierre tombale, la Gestapo est bernée,  la mosquée a sauvé Salim des camps de la mort.

Après le film – je me suis rendu à l’avant-première –  le débat s’ouvre avec le réalisateur et Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie. Ce dernier  nous confirme la réalité de ce fait historique. Dans la salle, les gens ne savaient pas grand-chose de cette histoire, voire rien du tout. Des Algériens, juifs et musulmans, solidaires entre eux dans un des pires moments de l’histoire de l’humanité ?!  Une dame est soulagée de voir cela, car pour elle « malheureusement dans les médias ils sont souvent opposés. »

Pour revenir au film, Younes rentre dans cette guerre malgré lui. Avec elle, petit à petit, le personnage de Tahar Rahim, va apprendre à être un militant de la liberté en métropole. Une idée folle s’insinue alors dans sa tête : l’indépendance de son pays, l’Algérie. Des Moudjahiddines de la guerre d’indépendance algérienne, émigrés en France sous l’occupation ont, en effet,  participé à des réseaux de résistance, une expérience qui leur a été très utile au maquis. Messali Hadj, fondateur du Parti du peuple algérien, un des  pionniers de la lutte pour l’émancipation du Maghreb dès l’entre deux-guerres, a été condamné à 16 ans de travaux forcés par Vichy, car lui refusait de collaborer avec les Allemands. Bien sûr, tous les Algériens de la France occupés n’ont pas fait les super héros, quelques uns ont aussi fait les collabos.

Les Hommes libres, un film que je ne saurais trop vous conseiller d’aller voir, pour l’histoire méconnue, pour la qualité des costumes et des décors, pour trouver dans le passé un espoir de paix, à défaut de le trouver dans un futur proche.

Amine Benmouhoub

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