Présentez-vous aux lecteurs du Bondy Blog ?
Je suis un ancien journaliste. Tout de suite après le bac, j’ai intégré Sciences-Po Grenoble, puis l’École Supérieure de Journalisme  Lille. J’ai fait en grande partie du journalisme politique et des reportages comme au Liban et en Afghanistan. J’ai été éditorialiste ainsi que rédacteur en chef à La Nouvelle République du Centre-Ouest. J’ai ensuite passé 15 ans au journal La Croix.  Je suis partis pour l’Express pour revenir à la Croix en tant que rédacteur en chef, où j’ai achevé ma carrière.

Parlez-nous de vos engagements associatifs en tant qu’ancien journaliste ?
J’ai créé une association pour la diversité dans les écoles de journalisme « Média et diversité ». J’ai eu le déclic de lancer cette association lorsque je me suis adressé aux dirigeants de l’IUT de Tours. Sur tous les dossiers reçus, aucun étudiant ne venait de banlieue ou n’avait une bourse sur critères sociaux. C’est de là qu’est partie cette aventure.

Quelles sont les objectifs de votre association ?
L’association s’adresse aux lycéens de première et de terminale, bénéficiant d’une bourse sur critères sociaux. Ils sont sensibilisés au monde des médias en classe de première au lycée. Ensuite, en terminale, c’est une formation qui leur est  proposée. Je pense que cette population ne se sentira intégrée que lorsqu’elle se verra à la télévision. Les jeunes des banlieues, contrairement à ce que j’ai pu entendre, ont réellement leur place dans le journalisme.

 

Vous avez beaucoup travaillé dans des pays du monde musulman. Selon vous, y a-t-il eu une révolution des médias durant le Printemps arabe ?
Les médias ne font pas de révolution, ils la relatent, la facilitent, y contribuent certainement. Mais ils ne la font pas. Encore moins actuellement, car les populations ont remis aux mains des révolutionnaires le droit de parole, sans assurance qu’ils la partagent avec le peuple.

 

 

Peut-on parler de limite à la liberté d’expression ?
Oui, il y a une limite à la liberté d’expression. Il m’est déjà arrivé de m’autocensurer. Si le seul but d’un sujet est de faire  mal, ce n’est pas de la liberté d’expression. L’autocensure d’un journaliste, c’est mesurer l’impact qu’a notre écrit sur les gens.

Iymen Mani

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