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La parole à tout-va après la marche silencieuse. Les jeunes participants au défilé en mémoire de Larhamy et Moushin, morts le 25 novembre 2007 à Villiers-le-Bel dans une collision avec une voiture de police, se sont réunis, la cérémonie d’hommage terminée, au gymnase La Cerisaie de la commune. Et ce, jusqu’à 23 heures. Objectif de cette réunion organisée par l’association Vérité Justice de Villiers-le-Bel : sensibiliser les jeunes à la violence. Notons qu’hier soir et dans la nuit, des volontaires composés d’élus et d’habitants, ont sillonné les quartiers, afin d’éviter tout débordement.

Au gymnase, la parole des jeunes révèle un état d’esprit. Une jeune fille, visiblement émue, condamne la lenteur de l’enquête sur la mort des deux jeunes : « Cela fait plus d’un an que nos potes sont morts. Jusqu’à aujourd’hui, y a rien. Nous, on ressent cela comme une injustice, il faut que la justice fasse son travail et on n’a pas l’impression qu’elle le fait. » Ali Soumare, secrétaire local du Parti socialiste et Monsieur Loyal de la soirée, essaie tant bien que mal de trouver des réponses « républicaines » aux interrogations : « Il faut faire confiance à la justice », dit il.

Un père de famille assène alors : « Moi, je suis d’origine portugaise, j’habite à Meudon, mais j’ai habité à Villiers-le-Bel pendant plusieurs années. Les jeunes, battez-vous ! Restez dignes et fiers ! Aujourd’hui, j ai vu dans la marche des gens calmes et sereins, sans animosité, vous avez donné une belle image de la ville. Les journalistes sont venus chercher du sensationnel ; d’ailleurs ils sont partis juste après la marche, ils ne sont même pas restés pour la réunion de ce soir, ils voulaient voir du sang et du feu, ils sont partis bredouilles. » A ces mots qui désignent un bouc-émissaire contre lequel se défouler – les journalistes –, un déchaînement de cris et d’applaudissements surgit de la salle. Malheureusement, le constat est que beaucoup de jeunes sont persuadés que la justice est contre eux, qu’elle fait du « deux poids, deux mesures ». Des soupçons révélateurs d’un mal-être de la jeunesse de Villiers-le-Bel.

Un profond mal-être à l’origine d’une folle rumeur sur Adama et Abou, deux jeunes incarcérés depuis février 2008 pour implication, selon la police, dans des tirs sur des forces de l’ordre, rumeur selon laquelle leur privation de liberté obéirait à une volonté politique et ne reposerait sur aucune preuve tangible. Un an après la mort de Larhamy et Moushin, le constat au terme de cette soirée est terrible : la jeunesse de Villiers-le-Bel se sent incomprise.

Chaker Nouri

Chaker Nouri

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