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« Ils ont raison qu’ils ont tort. Ils se sont attaqués aux personnes et, maintenant, les gens ils sont contre eux ». A 11 ans, Tarik a une opinion bien précise sur ce qui s’est passé ces dernières semaines dans les banlieues. Comme ses quelque vingt camarades assis en rond autour de moi. Saïd (14 ans), Samy (11), Sonia (10) Maïssan (12 ans), Sofia (11 ans) et tous les autres se rendent tous les jours à l’AEPS (Activités éducatives périscolaire) au centre de loisirs Edouard Vaillant.

Faten et Inès, deux étudiantes qui supervisent les devoirs ont organisé en débat pour moi. Et vous en connaissez des jeunes qui ont brûlé des voitures? Véronique, une africaine de 13 ans: « Oui. Ceux qui ont participé étaient fiers d’eux-mêmes ». Samy, 11 ans: « Moi je suis pour les deux. Je pense que Sarko doit s’excuser mais que les jeunes ne doivent pas brûler les voitures. Les gens, ils n’ont pas d’argent pour en acheter une autre ». Le débat continue sur le travail. Michaël a fait toute la N3 (bordée de dizaines de magasins) pour décrocher un stage découverte. Il n’en a trouvé qu’un à Noisy-le-Sec. « Et ils lui ont demandé un CV. A 15 ans, c’est décourageant! » remarque Faten, l’auxiliaire aux devoirs. Inès raconte aux jeunes qu’à Paris, alors qu’elle postulait dans différentes écoles, elle s’est entendue répondre: « On ne prend pas les gens de votre secteur. » Maïssan, 12 ans mentionne les CV anonymes, une idée lancée par SOS racisme et que l’Etat est en train d’étudier.

Sachant tout cela, ne voudraient-ils pas quitter leur banlieue? Agitation dans la salle. Maïssan: « Je suis attachée à cet endroit car il y a des gens de mon origine. Ils ont les mêmes coutumes, les mêmes problèmes. » Véronique aime sa cité pour son ambiance. « Dans les quartiers à pavillons, c’est anonyme, il n’y a pas d’enfants. Ici, tout le monde se connaît. » Saïd est le seul à vouloir s’en aller. A cause de l’école. « Il y a des tags partout, les profs ne sont pas respectés. On n’arrive pas à travailler parce que l’on se fait toujours entraîner par les autres. J’aimerais aller dans une école privée: le 16 ème c’est mieux pour après, lorsque tu cherches du travail! » Mais Véronique de l’avertir: « N’oublie pas que tu t’appelles Saïd… »

Par Sabine Pirolt

Sabine Pirolt –

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