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Jeudi 19 janvier 2012 a été un jour funeste pour la plupart des internautes fans de séries à gogo et de films gratuits sur la toile. Mégaupload, le site d’échange de fichiers numériques fondés en 2005 par l’homme d’affaires allemand Kim Schmitz, a été fermé sous l’égide du F.B.I pour cause, selon un communiqué : “de piratage massif de nombreuses œuvres soumises aux droits d’auteurs”.

Le bureau fédérale a estimé la fraude fiscale du site à 500 millions de dollars (soit 388,2 millions d’euros) et les bénéfices obtenus à 175 millions de dollars. Sur Facebook, les commentaires fusent : “FBI bandes de ***** ! R.I.P Mégaupload et merci pour tout”, “MegaUpload est mort, mais comment vais-je faire maintenant?!”,  “ MEGAUPLOAD IS DOWN MY FRIENDS, MY LIFE IS OVER.”

MegaUpload a réussi à s’inscrire dans la vie quotidienne de gens du monde entier. Rien de tel, après une dure journée de labeur, en sortant du boulot ou des cours, que de se poser devant le dernier épisode de la série Dexter, ou Desperate Housewives. De télécharger les dernières nouveautés cinématographiques. De partager le dernier album de musique en vogue.

Aujourd’hui, nul n’est censé ignorer que télécharger ou regarder des séries sans les payer est illégal.  Pourtant, cet usage a intégré les mœurs. Peu autour de moi s’en cachent. On revendique même. Dans mon entourage, j’entends : “ Ce n’est pas parce que je télécharge que les stars mendieront dans les rues”. “ Quize euros pour un album ? C’est deux repas grec-frites-coca pour moi les jours de fête”. Les excuses pleuvent, et les larmes coulent à flot pour MegaUpload.

Les avis témoignent de l’amertume des habiués du streaming. Rani, 21 ans, pense que “ c’est parce que les gars de MegaUpload commençaient à gagner un peu trop d’argent qu’ils ont été interpelés. » Le jeune homme ne pense pas que cela va changer grande chose dans sa pratique « étant donné qu’il y a encore pleins de serveurs. La loi Hadopi en France n’a pas les moyens de faire la même chose, il y a un manque de moyens et les élections approchent, ce n’est pas leur priorité … » Rani jure qu’il continuera de télécharger « tant que les mecs dans le cinéma arrêteront de se faire des millions et de faire croire que ça leur porte tant préjudice que ça. En réalité, ils en veulent plus pour leur pomme. ”

Pour sa part, Islem, 17 ans, exprime un anti-américanisme poussé depuis cette « privation ». « Je trouve injuste qu’au 21e siècle, il existe encore des institutions et des individus irrespectueux et immoraux envers les Droits de l’homme. Les fondements de ces droits sont basés sur l’échange et le partage d’informations libres. » Par rapport aux Américains, elle trouve les Français « plus altruistes lorsqu’il s’agit de streaming. Je ne me paierai jamais un abonnement. Je continue de télécharger et de regarder des films en streaming parce que c’est la crise financière.» Décidément, la crise n’épargne aucun secteur. Pas même le virtuel.

Jimmy Saint-Louis

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