Ce mercredi 9 mars, des milliers de personnes ont manifesté leur mécontentement au sujet du projet de réforme du code du travail. Samir est allé y faire un tour…

Mercredi matin, place de la Nation, à l’est de Paris. Beaucoup d’étudiants occupent les rangs, on dirait un gang de sacs à dos. En groupes, les visages juvéniles se heurtent aux pères de la lutte des droits sociaux, car les autres manifestants sont pour la plupart des salariés syndiqués ou pas d’ailleurs. Les vieux rocs aux bonnets et aux gilets que tout le monde connaît. La loi El Khomri nous concerne tous. Les jeunes débordent d’énergie, les slogans sont braillés avec conviction. Les plus âgés se sentent dans l’ambiance, comme lors d’une guinguette avec la boisson, les tambours et les grillades qui parfument l’air de la capitale.

IMG_0659Départ, tout le monde se suit sans savoir qui est le berger. La confusion règne autour de la place. Un indénombrable dispositif de sécurité enveloppe le cortège qui prend la fuite vers la place de la République. Beaucoup de caméras tenues par les journalistes friands d’une punchline qui donnera consistance au sujet journalier – celui-là même que tous les médias traitent à l’unisson. Je suis le cortège, me bouscule parmi cette foule venue crier son mécontentement.

On marche, on crie, on scande au scandale de la loi El Khomri, nouvelle ministre de Pierre Gataz, grande suppléante d’Emmanuel Macron, dansant sur les pas de Valls. Plus de précarité dans les contrats afin de promouvoir l’emploi. Inverser la courbe du chômage avec des artifices contractuels et une régression des droits sociaux, de quoi mettre le peuple en colère.

IMG_0660Le cortège se fractionne en arrivant aux abords de République. La place revêt son costume de manifestants aux couleurs des syndicats. J’aborde certains jeunes, ils me disent qu’ils se sentent concernés par cette loi même s’ils sont encore sur les bancs de l’école. Leur avenir se joue aujourd’hui. Quand aux plus âgés, les vétérans de la lutte syndicale, eux, ils se font du soucis pour leurs enfants. Un jeune au style « no futur » se fait du mouron pour son avenir, je sens que chez lui la manif’ est un style de vie, un genre de doux anar, se sentant uni parmis tous ces gens.

Peu à peu le monde s’efface, les gens s’en vont. La voix se fait cassée et rugueuse après deux heures de cris. L’ado qui n’a pas encore mué n’était pas prêt ! Mais je salut sa témérité, il fera le show à l’arrière du camion customisé pour l’événement jusqu’au dernier spectateur. Bravo à lui. Les skateurs reprennent leur place, un petit « ride » sur le trottoir de la place, une figure, une cascade, je tourne le regard vers la bouche de métro où certains distribuent encore des tracts qui viennent tapisser le trottoir parisien…

Samir Benguennouna

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