Samedi, j’ai tapé des articles au local. Dehors, une bande de jeunes garçons. Une petite dizaine, au pied des immeubles de la cité, avec deux motos de cross et un scooter. Ils se passaient les engins. Le jeu: faire hurler les moteurs de ces petites cylindrées, foncer en ligne droite aussi vite que possible, idéalement sur la roue arrière, sans casque. Deux bouts de chou de 8 ans les regardaient, admiratifs. Aujourd’hui, j’ai déjà vu passer un quad, le rodéo ne devrait pas tarder à reprendre. Et les filles? Les filles, on ne les voit toujours pas dans la rue. Parce qu’elles bossent. Bondy a la particularité de voir nombre de ses magasins ouverts le dimanche, en tout cas le matin. Je suis allée me balader au Monoprix et le long de la RN3, sur les conseils d’un prof du lycée Jean-Renoir, qui me disait que ses élèves font souvent une double journée: école, puis aide-ménagère et maman de substitution pour les petits frères et sœurs après les cours. Et le week-end, disait-il, elles gagnent leur argent de poche comme caissières ou en remplissant les rayons des magasins. C’est vrai, elles y sont.

Par Sonia Arnal

Sonia Arnal

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