Vendredi matin, sur la ligne 7 du métro parisien, les passagers pensent, penauds, à leur weekend qui approche. Soudain une déflagration dans un wagon. De la fumée. Terminus imprévu, tout le monde descend…

Vendredi 31 mai. Jour comme tous les autres. Il est 8 heures passées. J’emprunte la ligne 7 du métro en direction de La Courneuve. Tout se passe normalement. Comme d’habitude, le métro, à cette heure de pointe, est chargé. Les passagers lisent, écoutent de la musique ou le regard perdu dans le vide. Bref, scène banale du quotidien dans le métro parisien.

A quelques mètres de la station Chaussée d’Antin, le métro ralentit. Soudain, un gros « boum » résonne. Quelque chose a explosé. Pas un petit boum, un boum qui nous fait tous sursauter et paniquer. Le bruit vient du wagon d’à côté. D’un coup, les lumières s’éteignent, une sorte d’étincelle apparaît puis les néons se rallument. Les portes du métro s’ouvrent. De la fumée noire s’échappe du wagon, impressionnante. Je ne reconnais pas l’odeur. Je me mets à pleurer, à imaginer le pire. Tous les passagers sont sous le choc : ils crient, s’affolent et certains courent vers la sortie. En quelques secondes à peine, les wagons se vident complètement et les quais sont pris d’assaut.

En voyant toute cette agitation et la masse des passagers fuir très vite, j’ai cru que peut-être quelque chose de plus grave allait se passer, qu’une autre explosion allait se produire. Personne ne sait quoi faire. Des gens toussent à cause de la fumée, d’autres se cachent le visage. Peu à peu, la fumée se disperse. On peut finalement se voir et surtout respirer normalement. Parmi la foule, il n’y a pas de blessés, mais beaucoup de bousculades et une panique générale.

J’aperçois deux agents de la RATP qui marchent tranquillement vers le wagon concerné. Ils parlent dans leurs talkies-walkies, vérifient le wagon, fouillent les rails des yeux, puis ressortent sans mot dire et les mains vides. Sur le quai, nous, passagers, restons silencieux. Dix bonnes minutes sont passées depuis l’explosion. Encore une fois, personne ne sait quoi faire. Changer d’itinéraire ? Attendre ? A aucun moment, nous ne sommes informés de la situation. A aucun moment, le chauffeur, les agents ne nous disent quoi faire. A aucun moment, on ne vient nous rassurer.

C’est finalement le signal sonore annonçant la fermeture des portes qui nous ramène à la réalité. Le temps d’à peine une ou deux secondes, nous nous regardons, hésitant à monter. Certains s’engouffrent, puis les autres suivent, moi compris. Pourtant, nous ne savons pas si tout est sécurisé, si nous pouvons remonter dans le wagon. Encore une fois, personne ne nous a donné d’informations. Nous ne savons pas si l’élément qui a explosé se trouvait dans le wagon ou sur les rails, si c’était dangereux ou non. Tous, nous rentrons dans le métro, comme si de rien n’était…

Un peu plus loin, un seconde étincelle. Je crains le pire. Finalement rien. Et toujours aucune information, aucun message de sécurité. Les passagers d’infortune sont silencieux. Choqués comme moi peut-être, abasourdis aussi. Pourtant, l’inquiétude, la peur, sont palpables. Aussi incroyable que cela puisse paraître, personne ne dit rien. Finalement, le parcours se poursuit, comme si rien ne s’était passé alors que quelques minutes plus tôt, tous criaient, s’affolaient.

Contactée, la RATP explique que l’explosion est dûe à un court-circuit. Mais à la question de savoir pourquoi aucune prise en charge n’a été faite, aucun message de la part des agents ou du chauffeur, aucune réponse de la RATP. Silence radio. Comme lors de ce trajet en métro.

Silvia A.

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