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En décembre dernier, Didier Mignot, maire du Blanc-Mesnil (93), décide, au nom de sa commune, de porter plainte contre la SNCF, la RATP et le RFF, pour dénoncer les dysfonctionnements du Rer B. Retards, avaries…Paris s’éloignait de plus en plus pour les Blanc-Mesnilois. Le procès est toujours en cours, mais, entre temps la ligne a été modernisée. Nisrine, lycéenne au Blanc-Mesnil revient sur les changements.

Dans la vie d’un Blanc-Mesnilois, emprunter le RER B s’avérait être une tâche relevant parfois de l’impossible. « Perturbation de la ligne, wagons encombrés, grèves de la SNCF… » autant d’annonces qui sont familières aux usagers. Cette ligne qui traverse Paris du nord au sud, est tous les jours fréquentée par près de 900 000 passagers. Les gares du Blanc-Mesnil au même titre que celle de Drancy, étaient peu, voir quasiment pas, desservies. Alors qu’en attendant sur le quai, quatre trains pouvaient passer sans s’arrêter. Dans le cas d’un rendez-vous urgent, on avait l’habitude de pas prendre de risque en privilégiant d’autres gares, quitte à faire une demi-heure de trajet en plus. Paradoxalement, celle du Blanc-Mesnil est bien située, mais elle devient petit à petit un désert humain, où les voyageurs se raréfient.

Le plus affligeant sur cette ligne lorsqu’on l’empruntait au Blanc-Mesnil, restait encore les conditions de voyage. Après de longues minutes d’attente, on se retrouvait dans des wagons délabrés où régnait un climat d’insécurité. Les trains étaient souvent insalubres et parfois surpeuplés empêchant le train de partir et les incidents et autres retards étaient et reste fréquents. Mais alors pourquoi la SNCF n’a pas pris plus tôt des mesures pour combler la demande ? La réponse apportée semblait liée au manque de moyens et à l’optimisation. Mais dans ce cas, pourquoi les ligne C et A qui desservent notamment l’Assemblé Nationale ou les Champs-Elysées, ne connaissent pas autant de difficultés ?

Face à ces injustices, le maire communiste, Didier Mignot, a pris l’initiative le 7 décembre dernier, de porter plainte, au Tribunal administratif de Montreuil contre la SNCF, la RATP et RFF (Réseau ferré de France) pour « rupture d’égalité entre les usagers du service public des transports ». Le procès n’a pas encore eu lieu et la plainte est toujours en cours, la mairie continue de recueillir des témoignages de Blanc-Mesnilllois et du côté des accusés chacun semble se renvoyer la balle. Cependant, depuis le 2 septembre 2013, la ligne nord du Rer B a été modernisée et des changements sont survenus.

En ce qui concerne l’entretien de cette ligne les conditions ont peu changé, mais des améliorations ont été faites, comme les nouveaux wagons. Mais plus important encore, la fréquence des RER a nettement évolué. En moyenne, l’attente est d’un peu moins de 7 minutes dans les gares de Drancy et Blanc-Mesnil, par ailleurs, de nouveaux bus ont été mis à disposition facilitant l’accès aux gares. À travers son action en justice, Didier Mignot a lutté pour le bien-être d’une commune qui souffrait de cette inégalité. Pour beaucoup d’étudiants, d’employés cette évolution a permis une plus grande mobilité. Mais malgré ces quelques améliorations, on retiendra de ce dossier la détresse d’une ville qui n’est pas été suffisamment entendue, à tel point que le maire, au nom de sa ville, ait décidé de porter plainte. Cet événement, relayée dans de nombreux médias, a permis de remettre à jour les problèmes des transports au quotidien pour les nombreux Franciliens qui vivent à quelques encablures de Paris et mettent plus d’une heure pour s’y rendre.

Barkallah Nisrine

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